‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 139 sur 181 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

RICARDO. CELIO, EUSEBIO en costume de bandit, avec des arquebuses. — On entend un coup de feu derrière la scène.

RICARDO

Le plomb homicide a traversé sa poitrine.

CELIO

Et il y a laissé l'empreinte sanglante que la tragédie imprime avec son sang sur une tendre fleur.

EUSEBIO

Mets une croix dessus, et que Dieu pardonne au.x pécheurs !

RICARDO

Les brigands n'arrachent jamais de leur cœur toutes les racines que la dévotion y a mises. {Ricardo et Celio sortent.)

EUSEBIO

Puisque ma cruelle destinée a fait de moi un capitaine de bandits, mes crimes égaleront mes peines et seront innombrables. La patrie me poursuit comme si j'avais tué Lisardo par trahison, et son acharnement et mou dépit m'obligent à me montrer barbare

.)02 LE TllEATKK b;blHANr

et à défendre une vie qui en a immolé tant d'autres. On s'est emparé de mes biens, on a contisqué mes domaines, et l'on use envers moi d'une telle rigueur que l'on me refuse jusqu'au pain. Aussi bien, que nul voyageur ne se hasarde sur l'orée de ces forêts s'il ne veut y laisser la fortune et la vie.

Page 1