SCÈNE V GIL, MENGA. FUSEBIO, RICARDO, CELIO
RICAUDO
Où las-lu laissé?
CELIO
GIL, à Ensebio.
C'est un voleur, ne l'attendez pas.
RICARDO
Eusebio. que veux-tu?
GIL
Eusebio?... 11 la nomme Eusebio?
3o8 LE THÉÂTRE ÉDIFIANT
MENGA
Oui.
EUSEBIO
Oui, je suis Eusebio; quel grief avez-vous contre moi? Personne ne répond?
MENGA
Gil, tu as la fronde et le bâton?
J'ai... Que le diable t'emporte!
CELIO
Dans les paisibles allées où la montagne vient mourir et dont la mer garde les abords, j'ai vu une troupe de paysans en armes qui marche contre toi. Je pense qu'ils approchent. Curcio réalise ainsi la vengeance qu'il se promet d'exercer contre toi. A quel parti comptes-tu t'arrêter? Le mieux serait de réunir tes gens et de partir.
EUSEBIO
C'est mon avis. Fuyons. Nous ne serons pas oisifs cette nuit. Suivez-moi tous deux, vous à qui je sais pouvoir remettre la garde de ma réputation et de mon honneur.
RICARDO
Tu le peux sans crainte, car, si l'occasion s'en présente, je jure Dieu de mourir à tes côtés.
EUSEBIO
'Villageois, je vous accorde la vie, si vous me promettez de porter un message à mon ennemi. Allez dire à Curcio qu'à la tête de ma vaillante troupe, je me borne à défendre ma vie et que je ne le cherche point. Vous ajouterez qu'il n'a aucune raison de me poursuivre ainsi, car, pour donner la mort à Lisardo, je n'ai recouru ni à la ruse ni à la trahison. Je le tuai dans un corps à corps, dans un combat loyal, n'ayant sur lui,
que je sache, aucun avantage et, avant qu'il n'expirât, je le portai dans mes bras en un lieu où il put se confesser, action méritoire dont on devrait me tenir compte. Mais s'il veut se venger, je saurai me défendre. Et maintenant (Aux bandits) comme il importe que ces paysans ne voient pas de quel côté nous allons, attachez-les à des arbres et bandez-leur les yeux afin qu'ils ne donnent aucun renseignement.
RICARDO
Jai précisément une corde.
CELIO
Apporte-la vite.