‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 152 sur 181 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

EUSEBIO, RICARDO, CELIO, portant une échelle.

RICARDO, á Celio.

Approche en silence et appuie l'échelle contre la muraille.

EUSEBIO

Je serai un Icare sans ailes, un Phaéton sans flamme. Je prétends escalader le soleil et, si la lumière vient à mon aide, j'atteindrai plus haut que le firmament. L'amour rend nos désirs tyranniques Dès que j'aurai franchi le dernier barreau de l'échelle, retirez-la et attendez un signal. Il importe peu à celui qui s'élance hardiment de monter aujourd'hui et de descendre demain réduit en cendre. Car la douleur de descendre ne diminue en rien la gloire d'être monté.

LA DKVOTIOX A LA CROIX Ml 7

UlCAUDO

Oii'altends-tu ?

CELIO

Quel obstacle ralentit l'élan de ton org^ueil ?

EUSEBIO

Ne voyez-vous pas cette flamme menaçante?

lUCAUDO

Seigneur, ce sont-là des fantômes engendrés par la peur.

EUSEBIO

Moi, peur ?

CELIO

Monte.

EL'SEBIO

Me voici. Bien que je sois aveuglé par l'éclat de leurs rayons, je traverserai les flammes et j'entrerai. Tout le feu de l'enfer ne m'arrêterait pas.

(// monte et entre.)

CELIO

Il est entré.

RICAKDO

C'était quelque reproche de sa conscience terrifiée qui aura pris corps dans son esprit, quelque illusion, une création de la pensée.

CELIO

Ote l'échelle.

RICARDO

Nous devons l'attendre ici jusqu'au jour.

CELIO

Il fallait de laudacc pour escalader un couvent de femmes. Quant à moi, j'aurais mieux aimé faire le siège de ma villageoise, que tenter un pareil assaut. Plus tard, l'occasion se présentera de la réduire à merci.

{Ils sortent.)

3lS LE THÉÂTRE ÉDIFIANT

TROISIÈME TABLEAU

ia cellule de Julia.

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