‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 153 sur 181 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

EUSEBIO, JULIA, au lit.

ELSEBIO

Jai parcouru tout le couvent sans rencontrer personne. Je n'ai laissé nulle pièce sans la visiter, j'ai pénétré dans mille cellules de religieuses dont les portes étaient ouvertes et, g-uidé par ma mauvaise étoile, je n"ai vu Julia dans aucune. Où me conduisezvous, espérances toujours déçues ? Quelle horreur ! Quel silence de mort ! Quelle obscurité sinistre !.. Il y a ici de la lumière... elle éclaire une cellule, peut-être celle de Julia ? Je n'en puis douter ! (// tire un rideau et voit Julia endormie.) Ma vaillance me secourt-elle si peu que j'hésite maintenant à lui parler ? Qu'est-ce que j'attends? Mon ardeur est irrésolue et si j'encourage ma terreur, je terrifie mon courage. La simplicité du vêtement rehausse encore sa beauté, car le véritable attrait de la femme est encore sa pudeur. Cette beauté merveilleuse, objet d'un amour coupable, produit sur moi un effet inexplicable. Tantôt le charme voluptueux qu'elle émane excite le désir, tantôt l'honnêteté profonde quelle révèle impose le respect. Julia! Julia !

JULIA

Qui a prononcé mon nom ? Mais, cieux, qui ai-je vu? Es-tu l'incarnation du désir? Es-tu lincarnation de mes pensées ?

EUSEBIO

]Ma vue t'effraie à ce point?

JULIA

Qui ne voudrait te fuir?

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