‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 156 sur 181 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

JULIA, EUSEBIO, à une fenêtre, RICARDO, CELIO

EUSEHIO

Femme, laisse-moi !

Alors que vaincue par tes désirs, troublée par tes soupirs, désarmée par tes prières, reconnaissante de tes larmes, j'allais deux fois offenser Dieu, comme Dieu et comme époux, tu t'échappes de mes bras, tu me dédaignes sans me laisser l'espérance, tu me méprises sans me donner un gage d'amour!... Où vas-tu ?

EUSEBIO

Femme, que prétends-tu? Laisse-moi!... Jai fui d'entre tes bras parce que j'y ai vu je ne sais quelle aivinité. Tes yeux jettent des flammes; tes soupirs sont de feu ; ta bouche est un volcan ; chacun de tes cheveux, un éclair fulgurant ; chacune de tes paroles, ma mort; chacune de tes caresses, un enfer. La croix que tu portes sur la poitrine me cause d'insurmontables terreurs. Elle a été pour moi un signe miraculeux. Veuille le ciel, malgré la grandeur infinie de mes offenses, queje ne perde jamais le respect de la croix. Si je la rends témoin des péchés que

LA DKVOTION A I.A CHOIX 323

je coinmols. comment oscrais-jc plus tiud lappcIcT ù mon aide ".' Reste dans ton couvent. .Iulia, loin de te mépriser, je t'adore plus que je ne t'ai jamais adorée.

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