‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 165 sur 181 · RICARDO, BANDITS, EUSEBIO, JULIA · texte numérisé non relu

RICARDO, BANDITS, EUSEBIO, JULIA

RICARDO

Seigneur, préparons-nous à nous défendre. Curcio et ses gens se sont écartés du chemin et se sont jetés dans la forêt où ils te cherchent. De tous les villages voisins sont sortis des vieillards, des femmes, des enfants qui ont grossi la troupe de Curcio. Ils marchent contre toi, disent-ils, pour venger dans ton sang celui d'un fils immolé de tes mains, et jurent de t'emmener mort ou vivant à Sienne pour te faire expier tant de meurtres et prendre satisfaction de tant d'outrages.

EUSEBIO

Julia, nous parlerons plus tard. Couvre ton visage et viens avec moi. Il ne faut pas que tu tombes au pouvoir de ton père ; je ne veux pas que mon ennemi triomphe de ta prise.

Soldats, le jour est venu de montrer du courage et de l'ardeur! Aucun de vous ne faiblira s'il songe que les gens de Curcio sont résolus à nous donner la mort ou à nous prendre, ce qui se vaut. Défendons-nous ou, déshonorés et misérables, nous irons pourrir dans les prisons publiques. Connaissant le sort qui lui est réservé, qui n "affronterait pas les plus grands périls pour sauver et la vie et l'honneur? Xe laissons pas croire à ces grossiers paysans que nous les craignons; marchons à leur rencontre. La fortune s'est toujours rangée au parti des audacieux.

RICARDO

Il est inutille daller chercher les gens de Curcio; ils savancent vers nous.

EUSEBIO

Préparez-vous et qu'il n'y ait pas de lâche. A'ive le ciel, si je vois l'un de vous tourner le dos ou battre en

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retraite, j"ensanjj;^lanterai dans son cœur le fil de cette épée avant de la tourner contre les ennemis.

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