‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 173 sur 181 · OCTAVE · texte numérisé non relu

OCTAVE

Que dis-tu, seigneur, que prétends-tu?

CURCIO

Attendez, écoutez! Triste événement! Combien il vaudrait mieux l'emmener prisonnier à Sienne. Rendstoi, Eusebio. Je te promets, sur mon honneur de gentilhomme, je jure de te protéger et bien que je sois partie contre toi, je serai ton avocat.

EUSEBIO

Si je devais me rendre, je me rendrais à Curcio. que je respecte, et à Curcio seul, mais je ne me remettrais jamais entre les mains des juges parce que je paraîtrais obéir à la peur.

OCTAVIO

Meurs, Eusebio!

CURCIO

Respectez...

OCTAVIO

C'en est trop! Le défendrais-tu contre nous, trahirais-tu la patrie?

CURCIO

Moi, traître? Puisqu'on m'insulte de la sorte, pardonne, Ensebio, si je veux être le premier à te donner la triste mort.

EUSEBIO

Eloigne-toi, seigneur, ta présence me trouble. Tant que tu seras devant moi, tes gens auront un bouclier. {Ils sortent tous en se battant contre lui.)

CURCIO

Ils le serrent de près. Ah! Eusebio! si je pouvais te sauver la vie, comme je donnerais la mienne en échange! Percé de mille coups, il se retire; tel un rocher, il roule plutôt qu'il ne court vers la vallée. Maintenant, la forêt le cache. Je vole à son secours. Dans ce sang glacé qui m'appelle d'une voix timide, n'y aurait-il pas de mon sang? Quel autre sang que le mien m'appellerait, quel autre sang se ferait entendre?

(7/ sort.)

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