SCÈNE XX PERALTA étudiant, ANTONIA
ANTONIA
Si je le rencontre, mes malheurs s'en accroîtront.
PERALTA
Est-ce la jalousie, est-ce l'amour qui vous amène ici, Madame Antonia.
ANTONIA
J'ignore si ce n'est pas la rage.
LE TRUAND BEATIFIE lOI
PERALTA
En vérité, l'ardeur de vos sentiments vous égare.
II n'y pas de recoins si cachés où l'on ne sache mon aventure.
PERALTA
C'est la rendre publique que de courir éperdue et sans prendre de repos à la recherche de cet homme.
ANTONIA
Homme! S'il l'était, mes cruelles angoisses auraient un terme. Mais il n'en a que le nom, du moins avec moi.
PERALTA
Comment?
ANTONIA
Il faut le croire puisque l'amour, en ce qui me concerne, l'a blessé avec des flèches de plomb et que la glace est brûlante à ses côtés.
PERALTA
En ce cas, pourquoi l'aimez-vous autant?
Parce que sa conduite envers les hommes m'émerveille et me transporte. Les plus huppés de la Bohème ne s'inclinent-ils pas devant lui, les bretteurs, les pourvoyeurs de la mort ne lui rendent-ils pas hommage et les braves de San Roman ne le reconnaissentils pas pour leur maître? Sa protégée, celle qui est de ses amies, vit sans soucis et sans crainte et se sait à l'abri des périls que courent les femmes de notre condition. N'est-ce pas un avantage précieux ? Oui peut se targuer d'être sienne connaît le bonheur et les témoignages de respect. Puis, aux raisons de l'amour, il n'y pas de raisons à opposer.
PERALTA, tajidis qu Antonia se retire.
Pour conclure, ces dames de rencontre font plus de cas d'un Rodomont roué que d'un Médor timide. Au demeurant, cette folle souffre d'une blessure grave. Mais la cloche sonne, allons à notre leçon.
(Peralta sort, au même moment entrent Lugo et Gilberto, étudiant).