‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 30 sur 181 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

LUGO, LOBILLO, LAGARTIJA, LE PÈRE

LE PÈRE

Nouveau Bravonel espagnol, ton audace singulière m'a délivré des griffes de ce fripon de Luzbel. Pour un oui ou pour un non, je me retirerais. Demeure en paix, honneur et moelle de la Bohème,

LE TRUAND BEATIFIE 99

LUGO

Je t'approuve, persiste dans cette idée ; tu auras bientôt ma visite.

{Carrascosa sort.)

(A Lobillo et à Lagartija.) Tout s'est terminé pour le mieux.

LOBILLO

Très bien; pas de sang-, pas de fer, pas de feu.

LUGO

J'arrivais aveuglé et enflammé de colère.

LOBILLO

Moi aussi. Nous allons la calmer avec une cruche du plus cher.

LUGO

Je suis sollicité par bien d'autres soins. J'ai pris rendez-vous et je dois aller jouer avec Gilberto, un étudiant qui m'a toujours porté guignon, un homme capable, à lui seul, de me désespérer. Il a gagné tout ce que je possède et m'a laissé si démuni que, sur ma foi, si je perds, je ne sais comment m'y prendre pour doubler la mise.

LOBILLO

Je te donnerai un jeu préparé à laide duquel tu le dépouilleras de son dernier blanc, de son dernier bijou.

LUGO

C'est recourir aux grands moyens. Mais j'en sais un autre pour lui couper la chance. Que la fortune me montre mauvais visage aujourd'hui et je jure devant Dieu tout-puissant de me faire voleur de grand chemin,

LOBILLO

Résolution courageuse et d'un homme avisé. Si tu perds, et je fais des vœux pour que tu perdes, je ne resterai pas en arrière et je montrerai que ces mains ne sont pas d'un lourdeau.

Ce fut toujours Focciipation favorite des personnes que des raisons différentes mais innombrables ont rendu sages, industrieuses et vaillantes.

LOBILLO

Je suis décidé à te suivre.

LAGARTIJA

Tu peux aussi compter sur moi. Ma volonté, tu le vois, participe de la nature de l'alchimie. Elle s'applique au bien et au mal.

LUGO

C'est vrai. Une pareille déclaration témoigne de ton habileté et de ta souplesse. Je ne t'abandonnerai jamais. Adieu.

LOBILLO

Lugo, quoi, tu nous laisses ?

LUGO

Je ne tarderai pas à revenir.

LAGARTIJA

Sus donc ; partons aussi et allons fêter la vie à l'hermitage du Compas.

{Ils sortent tous, tandis qu'entrent Antonia et Peralta, étudiant).

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