‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 47 sur 181 · LE MUSICIEN · texte numérisé non relu

LE MUSICIEN

Bien douces sont les journées, bien doux sont les moments dont on jouit à Séville, bien doux les plaisirs de cette cité fameuse où la liberté arbore sa bannière, où Vénus chemine en simple et amoureux appareil, et s'offre toute à tous venants. Le riant amour y chante et brode mille variations glorieuses sur ce thème : rie a n'est délectable loin de la délicate et amoureuse Vénus.

F. c. DE LA CRUZ

Vade retro Satanás. A mon goût, maintenant rien n'est délectable loin de la croix dure et précieuse. {Les démons se sauvent en criant.)

Je veux m'imposer mille croix. Mes yeux ont vu et je ne puis croire encore à leur témoignage. Mais, chassons la crainte, j'aperçois des gens qui viennent avec des lanternes.

F. C. DE LA CRUZ

Que faites-vous ici, fray Antonio?

ANTONIO

Je regardais une danse qui, à mon sentiment, était conduite par le démon.

F. c. DE LA CRUZ

Vous deviez dormir et vous avez rêvé.

ANTONIO

Non, sur ma foi, Père, je ne dormais pas.

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