‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 48 sur 181 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LES MÊMES, LE PRIEUR, DEUX BOURGEOIS portant des lanternes.

PREMIER BOURGEOIS

Comme je vous le disais en venant, Seigneur, c'est grand pitié de l'entendre. Toutes les tentatives sont demeurées infructueuses. Rien ne peut amollir son âme, ni la tirer de son erreur. Et la preuve que le mal empire très vite, c'est que nous sommes venus dans ce couvent, à pareille heure, pour y chercher un remède.

LE PRIEUR

Quoi, elle prétend que Dieu ne saurait lui pardonner! Le cas est étrange! C'est l'erreur la plus grossière où puisse tomber un pécheur. Fray Cristóbal de la Cruz est levé. J'ai comme l'intuition qu'il éclairera cette âme et qu'il la guidera dans le droit chemin.

{Au Père de la Cruz.)

Père, que votre Paternité aille avec ces Messieurs et qu'elle élève aussi haut qu'elle le pourra la limite de sa charité. Le démon a tôt fait de s'emparer d'une âme pécheresse.

{A fray Antonio.)

Vous accompagnerez ce Père.

ANTONIO

Maintenant?

LE PRIEUR

Ne répliquez pas, fray Antonio.

ANTONIO

Allons... J'ai perdu l'esprit en tout ou en partie, ou si mes danseurs ne sont pas des êtres fantastiques, je dois les rencontrer sur la route.

Taisez-vous un instant, si vous le pouvez.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Seigneur, le temps passe, il serait bien de partir.

ANTONIO

Dans ce monastère, tous me tiennent pour fou.

F. c. DE LA CRUZ

Ne parlez pas entre les dents; précédez-nous et soyez assuré que vos danseurs n'ont rien de mystérieux.

LE PRIEUR

Allez avec Dieu, mon Père.

PREMIER BOURGEOIS

Nous allons sous sa sauvegarde et nous nous retirons plein d'espérances.

F. c. DE LA CRUZ

Que Dieu en qui je mets toujours ma confiance, favorise mes desseins.

(Ils sortent.)

CINQUIÈME TABLEAU

La chambre de Dona Jlna de T revino.

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