‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 64 sur 181 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LES TROIS AMES invisibles pour tous les assistants, FRAY AMONIO.

KKAY ANTONIO, idlcurant et iwrtant un Linge tacJié de sang.

Il a terminé sa pénible carrière, il a rendu à la terre

LE TRUAND BÉATIFIÉ l55

sa dépouille charnelle et son âme sainte sest envolée au ciel. Père, si dans le siècle tu fus ma nuée obscure, dans l'asile inexpugnable qu'ofifre la religion, tu devins mon guide et mon étoile polaire ! Pour avoir excédé les forces humaines en exerçant la charité, tu combats depuis treize ans contre la corruption et des plaies intolérables. Mais les linges tachés de sang au contact de ces plaies sont plus précieux désormais que des toiles fines et parfumées. Après les avoir touchés, mille malades ont été guéris. Mille seigneurs, mille lèvres illustres les ont baisés. Durant les années que tu fus Provincial, tu fis à pied une infinité de lieues par la boue, par les ravins, par les broussailles, et ces chairs meurtries qui te portèrent sont maintenant des reliques qu'embrassent tes fils et tous ceux qui peuvent approcher de la couche où tu reposes. Ton corps était hier un sujet d'épouvante tant les plaies en étaient horribles, il est aujourd'hui dargent poli et de pur cristal, preuve manifeste que les tumeurs, les crevasses et les blessures béantes qui engendraient la pourriture durèrent par miracle et le temps nécessaire pour acquitter la dette de cette pécheresse qui fut purifiée en un instant, tant la charité de ton cœur était puissante auprès de Dieu.

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