‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 69 sur 181 · LE VICE-ROI · texte numérisé non relu

LE VICE-ROI

Pères, faites votre office et cachez dans la terre ce précieux joyau du ciel. L'espérance qui l'a soutenu est le souverain remède de nos maux. Elle sera la fin consolante de cette comédie.

3o Juin )^o6.

Marcel DIEULAFOY, trad.

Tirso de Molina ou plutôt Gabriel Téllez, dont le nom réel a été obscurci par le pseudonyme à l'abri duquel il a écrit ses pièces de théâtre, est tenu pour l'un des grands maîtres de la scène espagnole. Il semble qu'il vint au monde à Madrid en 1371, et il parait certain qu'il fit ses études à l'université d' Alcalá de Henares, dans cette même villeoù était né Cervantesquelquesannéesplustùt.

Gabriel Téllez entra dans l'ordre de la Merci, le 21 janvier 1601, et y occupa de très hautes situations. En 1626, il fut nommé Commandeur de Trujillo ; en 1682, chroniqueur officiel de son ordre ; en 1684, definidor general ou conseiller du provincial de Castille et quand il mourut, le 21 mars 1643, il était prieur de Soria. Dans toutes les situations qu'il avait occupées, il avait acquis le renom d'un prêtre vertueux menant une vie calme, exempte de faiblesses.

Son théâtre fut publié, la première partie en 1627 ; la troisième en 1684 ; la seconde et la quatrième en i685 et la cinquième en 1687.

Tirso de Molina , comme beaucoup de ses contemporains, a successivement abordé tous les genres ; mais comme bien peu d'entre eux, il a excellé dans tous. A La Prudencia en la Miiger {La Prudence chez la Femme), un drame historique sombre et noir à souhait, l'on peut opposer El Vergonzoso en

l60 LE THEATRE ÉDIFIANT

Palacio {Le Timide au Palais) qui est au contraire une comédie délicieuse. Don Gil de las Calzas Verdes {Don Gil des Chausses Vertes) et laVillana de Fa¿íecas renferment des intrigues compliquées, ingénieuses et parfois d'une folle gaieté. Les mêmes qualités se retrouvent dans Marta la piadosa (Marthe la Pieuse) mêlées à une peinture achevée de l'hypocrisie mielleuse. D'autre part Ton ne citerait guère de pièces religieuses que l'on puisse égaler au Condenado por desconfiado que ]a\ choisi pour le traduire, et au Burlador de Sevilla imprimé pour la première fois en i63o, et dont les travestissements sont aussi connus du monde entier que l'original est peu lu.

Il semble que Tirso de Molina ait écrit quatre cents pièces environ. C'est peu si on compare ce chiffre à celui des deux mille et quelques pièces composées par Lope de Vega. C'est beaucoup si l'on songe qu'absorbé par les devoirs du ministère, il n'aborda le théâtre qu'en 1606 ou 1608 et qu'il le déserta de bonne heure. Sur ces quatre cents drames, comédies ou pièces religieuses, quatrevingts nous sont parvenus. Ils ont suffi pour justifier la renommée de Tirso de Molina, qui fut pourtant lente à s'établir et que l'immortel Don Juan ne parvint pas à violenter du vivant de l'auteur.

Le Damné pour

manque de confiance

PERSONNAGES

PAULO, ermite.

ENRICO

UN JEUNE PATRE (un

ange).

LE DÉMON

ANARETO, père d'Enrico.

CELIA

LIDORA, servante de Celia.

OCTAVIO

PEDRISCO, gracioso, valet

de Paul.

amis d'Enrico.

LISANDRO.

GALVAN, valet d'Enrico.

ESCALANTE,

ROLDAN

CHERINOS.

ALBANO, vieillard.

LE GOUVERNEUR DE

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