‹ Le théâtre édifiant: Cervantes - Tirso de Molina - CalderonChapitre 9 sur 181 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LUGO remettant au fourreau une dague analogue à celles des truands, LE LOBILLO et GANXHOSO, truands. Lugo est vêtu de la demi-soutane des étudiants et porte suspendus à la ceinture un petit bouclier et la dague: il ne doit pas avoir d'épée.

LOBILLO

Pourquoi vous ètes-vous querellés?

Pour rien. Y eut-il une querelle seulement? En tout cas, nen parlons plus si nous sommes amis.

GANCHOSO, á Lobilío.

Lugo a voulu nous monter sur les épaules et bien que tonsuré de hier, le drôle a prétendu s'asseoir dans la première chaire, croj'ant ainsi épater son homme.

Messieurs, doucement. Je suis jeune, mais je suis un vrai maillet. J'ai du cœur et du poumon et, dans la vie de Bohème, je me sens de taille à rendre des points au plus pinturluré d'une école où les grades de vaillance ne se donnent pas aux étudiants qui franchis-

sent sans se lasser le pas de la porte, mais où il faut se signaler par des hauts faits avant de les mériter. Ne savez-vous donc qu'il y a des frères de lumière et des frères de sang?

LOBILLO

Du sang, j'en réclame.

GANCHOSO

Halte-là, Monsieur Loup. Si, parmi les bêtes dont vous portez le nom, il en est une qui demande du fromage, qu'elle le demande ailleurs. Ici, l'on n'en vend pas, à moins...

Assez, Monsieur Ganchoso. Rentrez votre langue et tenez-vous pour dit que je suis tout fleur ou tout péril.

GANCHOSO

Et nous donc, aurions-nous vu le jour en Guinée, Monsieur Loup?

LOBILLO

Je l'ignore.

GANCHOSO

En ce cas, apprenez-le ; je vais vous donner une leçon.

LUGO

Viens, Lobillo.

GANCHOSO

Vous êtes tous deux des brebis fanfaronnes, des poules mouillées et des lapins.

LOBILLO

Moins de langue et plus de main, fils de coquine.

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