‹ Le théâtre en ItalieChapitre 18 sur 51 · LA M A R I A N I - Z A M P I É R I · texte numérisé non relu

LA M A R I A N I - Z A M P I É R I

mité, et trouve encore le moyen de s’en moquer. L'infortunée Fabiana, au contraire, se plaint amèrement de son sort, et en souffre. Elle aime éperdument le marquis Antonio Altavilla, son cousin, un robuste capitaine de cavalerie, et cependant elle sait que le mal inguérissable dont elle souffre l’empêchera de devenir jamais l’épouse aimée.

Le capitaine Altavilla est une âme généreuse. Il ne veut pas que la malheureuse enfant dispa-^ misse de ce monde sans qu’un rayon de bonheur ait illuminé celte triste existence, et fort courageusement, fort noblement, demande à la duchesse Anna Ercolani la main de sa fille.

Fabiana, ivre de joie, se jette dans les bras d’Altavilla ; mais cette joie n’est qu'un éclair fugitif, car une paralysie cardiaque la foudroie quelques instants après entre les bras de sa famille au désespoir.

Tel est, dans ses lignes principales, le drame de Libero Pilotto que le public rappela cinq fois à l’avant-scène. L’action en est serrée, rapide, inattendue, dramatique. Mais cette coupe en deux actes est si dangereuse! Reste à savoir si la pièce aurait gagné en développements ? Je ne le crois pas.

Évidemment, comme on le fit remarquer dans la presse italienne, le thème est ibsénien. Ces

deux jeunes êtres, victimes d’une hérédité pathologique et condamnés dès leur naissance font penser aux héros d'Ibsen et de Zola. Mais il faut rendre cette justice au bon comédien qui s’appelle Pilotto qu’il a su traiter cette question d’une façon toute personnelle, et que le beau caractère d’Altavilla est une trouvaille.

MmePaladini-Andô, dans le rôle de la Duchesse, Flavio-Andô dans celui d’Altavilla, Pilotto dans le rôle un peu effacé du père, et Mlle Emma Gramatica dans celui de la jeune fille, complètent un ensemble parfait et digne de toutes louanges sans restriction.

Cette troupe de haute comédie est décidément l’une des meilleures de toute l’Italie ; plus on la connaît, plus on est à même de l’apprécier, et elle vaut d’autant plus, peut-être, que personne ne s’y élève à une hauteur extraordinaire, que chacun y est bien à sa place, que personne n’y éclipse son voisin, et que la troupe ne se

composant en grande partie que d’excellents

comédiens, on y obtient des ensembles de tous points parfaits.

Mais où l’on peut juger la valeur d’une Compagnie tout à l’aise, c’est dans le répertoire classique, cette « pierre de touche ». Le 13 janvier, l’on afficha la Locandiera (comédie en 3 actes) de Goldoni, pour le bénéfice de Libero Pilotto,

M>° Tina di Lorenzo, rôle de la Locan (liera Photographie Sciutto, Gênes.

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