LA GIOCONDA
côté de la Douleur il y a l’Insouciance qui chante la vie et le soleil. La Sirenetta chante en vers de vieilles légendes, et charme la mélancolie de Silvia. Dans un court dialogue entre la sœur de Silvia et le vieux maître, nous apprenons que Lucio travaille dans son atelier avec une terrible furie, que la statue est toujours là, sans bras, car il n’a voulu ni la finir, ni la restaurer, et que la Giocondci se tient silencieuse auprès de lui ; et la « tragédie » se termine par l’arrivée de l’enfant de Silvia, la petite Beata, qui porte des fleurs à sa mère et qui s’étonne que celle-ci ne puisse pas les prendre.
L’auteur, les interprètes, sont rappelés plutôt par courtoisie, au milieu d’un malaise général, et je m’aperçois à la sortie, par les propos qui s’échangent entre gens d’apparence cultivée cependant, que ce manque total d’action pour finir a laissé je ne sais quoi d’incompris dans les esprits des spectateurs.
— Mais le mari? interrogent les uns.
— Il est retourné avec la Gioconda.J répondent les autres.
Comme conclusion, c’est tout ce qu’il y a de plus logique. Mais cette absence complète de pitié ou de sens moral chez Lucio finit par agacer les gens bien équilibrés qui sont alors tentés d’envoyer l’art et les artistes à tous les diables.