‹ Le théâtre en ItalieChapitre 35 sur 51 · JUGEMENTS SUR L A. G I 0 G 0 N D A · texte numérisé non relu

JUGEMENTS SUR L A. G I 0 G 0 N D A

dans l’art un poste élevé ; mises ensemble, leurs qualités artistiques doivent se compléter à qui mieux mieux, former une union et une fusion véritablement admirables où ne doit éclater aucupe note stridente... »

Mais le critique fait observer qu’une tournée où l’on ne voit un artiste que dans un ou deux rôles, ne saurait être comparée à une saison théâtrale. « Dans une saison suivie, un acteur qui remplit différents rôles peut compléter une interprétation par une autre, et mettre en relief toute sa personnalité artistique ; s’il nous semble faible dans un rôle, il nous le fait oublier dans un autre où il se montre de nouveau hors de pair et où il nous enchante de nouveau.

« Dans une tournée artistique, cela ne se passe pas ainsi, et les rares interprétations que l’on offre au public doivent être excellentes. En est-il, en sera-t-il ainsi des deux interprétations d’Eléonora Duse et d’Ermete Zacconi?

« A cette demande, j’attends pour répondre avec plus d assurance jusqu'à demain. La représentation d’hier [le Demi- Monde) m’a laissé dans le doute. La comédie est vieille ; Zacconi, que nous avons entendu tant de fois dans le rôle d’Olivier de Jalin, ne m’a jamais parù incarner selon l’idéal le type de ce personnage... Mais la Duse?... Certaines de ses qualités, celles

qui l'ont placée si haut dans notre estime, il fut un temps, restent; mais franchement, beaucoup de défauts s’y sont ajoutés.

cc Elle n’a plus ce naturel exquis, vibrant, instantané, qui faisait tout son charme; elle, en a un autre plus médité, plus recherché, et qui, peut-être à cause de cela, donne une impression beaucoup plus faible. »

La suite de l’article du critique delà Stampa. qui signe cgc , n’est pas beaucoup plus bienveillant ; je n’en citerai que la fin : « Est-ce une impression personnelle ? Peut-être bien. Mais j’ai tenu à l’exprimer, parce que, comme je l’ai dit plus haut, l’art des grands acteurs n’est jamais complètement jugé, et qui veut se séparer de la foule doit à tout moment se montrer digne du piédestal. Une année auparavant le piédestal est solide ; une année plus tard il peut ne plus l’être... Je ne puis pourtant passer sous silence le chaud accueil que le public nombreux hier soir lit aux deux interprètes, qui, à la fin de chaque acte et à la fin de la comédie, reçurent des applaudissements et des ovations. »

La Gioconda fit couler des torrents d’encre. Succès de curiosité? Incontestablement.

Succès littéraire ? Il faudrait être fou pour le nier.

Succès dramatique ? Ici tout le monde est

Galiriele d’Annunzio.

Photographie Guigooi e 1,'ossi Milan

SL

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