‹ Le théâtre en ItalieChapitre 48 sur 51 · THÉÂTRE VÉNITIEN ET FERRUCCIO BENINI · texte numérisé non relu

THÉÂTRE VÉNITIEN ET FERRUCCIO BENINI

porte-drapeau du théâtre vénitien est né à Gênes, d’un père bolonais, en 1854, et qu’il joua longtemps en italien avant de passer dans la Compagnie de dialecte vénitien de Giacinto Gallina. Dans ce manifeste, il faisait appel au goût éclairé des Génois et leur promettait de bonnes pièces et de bons artistes.

J’assistai aux premiers tâtonnements. Les éléments de la troupe n’étaient pas mauvais, certes, mais n’étaient pas encore fondus. Après une saison à Turin, je viens de la retrouver à Milan, au théâtre d’été de la Commenda, où elle marche de triomphe en triomphe : ensemble, mise en scène, choix des pièces, tout est vraiment fort bien en vérité, et chose assez rare en Italie, on refuse du monde tous les soirs.

Expliquons-nous d’abord au sujet de ce dialecte vénitien. Bien loin de moi l’idée de prétendre qu’il n’existe pas, mais, auteurs ou artistes, qui souvent sont nés bien loin des lagunes, se figurent parler vénitien en émaiilant de nombreux zé leur dialogue. On voit des auteurs comme Carlo Bertolazzi, qui après avoir donné de nombreuses pièces en milanais se réveillent un beau matin en se frappant le front comme Archimède, et s’écrier : « Tiens ! je vais écrire une comédie en dialecte vénitien pour Benini. »

En ma qualité d’étranger, ne connaissant que la langue officielle, cela m’arrange considérablement. car, alors que je ne comprends qu’avec peine le dialecte milanais, je suis immédiatement au fait du soi-disant vénitien, surtout si je veux bien me souvenir de l’espagnol : Signer (italien) devient sior (vénitien), figlia devient fia padrona, patronne se dit parona et donna , femme en italien, mulier en latin, mnujer en espagnol devient simplement mugier en vénitien. Une rue, via en italien et calle en espagnol, reste une calle à Venise. La prononciation diffère.

Le théâtre de la Commenda où le Cavalière Ferruccio Beiiini a élu son séjour à Milan, est avant tout un théâtre d’été où le parterre est à ciel ouvert. En cas de pluie on le recouvre instantanément avec des grandes toiles imperméables. Il est situé un peu loin du centre, tout proche du Corso de la Porta Romana. et la tradition veut qu’il ait été bâti sur l’emplacement où l’Empereur Barberousse avait planté sa tente alors qu’il assiégeait la ville de Milan dont l’enceinte était alors plus modeste. Un jardin minuscule permet en plus de prendre le frais pendant les entr’acles. Le parterre est fort évasé, et le seul étage existant est tout en loges.

Je profilai de la circonstance pour aller en-

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