‹ Le théâtre en ItalieChapitre 7 sur 51 · CL · texte numérisé non relu

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Carte postale : Flavio Andô.

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qu’unefemmelanguissantequise traîne de fauteuil en fauteuil pour y pousser des soupirs, et dont le spleen n’est distrait que par la visite d’une vieille comtesse ruinée, Inès Maderni, admirablement rendue par Mme C. Paladini Ando, et dont tout le faible consiste à se faire offrir des petits verres de liqueurs et des petits gâteaux. Elle aussi a connu la vie des grandes villes, le grand monde ; puis elle a subi jour par jour, heure par heure, la terrible contagion provinciale; et n'ayant pas eu l’énergie de se révolter, la voici réduite à l’état de ruine humaine. Avec quel sentiment d’horreur et de pitié Ada voit déjà dans la comtesse ce qui l’attend un jour, en continuant à vivre dans ce milieu ! La scène où la pauvre vieille, vêtue d’un petit mantelet à effilés, savoure ses petits verres qui ont comme effet de la rendre de plus en plus causeuse, jusqu’au moment où la femme de chambre vient la chercher pour la reconduire par le bras, est une scène à la Balzac, et cette scène d’ivresse sénile a été rendue par Mme C. Paladini Ando avec un tact, un réalisme... qui lui valurent séance tenante un chaleureux rappel du public. Mais celui-ci, fatigué sans doute d’attendre quelques explications supplémentaires auxquelles il a droit sur l’état d’âme des deux époux, laisse tomber le rideau avec un froid glacial. Premier acte.

Cependant Ugo Ferriani, emporté par le feu de sa passion, a laissé croire à sa femme qu’il était beaucoup plus riche qu’il ne l’est en réalité. Il n’a pas été sans s’apercevoir de l’ennui qui la ronge. Il rêve pour elle et pour lui un horizon moins étroit, il songe au jour où il devra la conduire dans le monde, et se lance dans des spéculations folles pour regagner la fortune qui lui échappe. Ada, de son côté, voyant sans cesse son mari inquiet et nerveux, croit qu’il a du regret de l’avoir épousée, et songe plus que jamais à son art abandonné, à son passé.

— Ah! sauve-moi contre moi-même, s’écriet-elle dans un moment d’expansion, en se jetant dans les bras de son mari! Fais-moi oublier! Aime-moi bien ! »

Ce passé! mais c’est précisément ce passé artistique dont il est jaloux, et dont il ne souffre pas que l’on parle. Et les partitions gisent éparses et fermées sur le piano auquel Ada n’a plus osé Loucher depuis un an.

Or, voici que dans la petite ville, avec la fête annuelle, se renouvellent toutes les circonstances qui ont amené la rencontre de Ugo et d’Ada l’année précédente, l’arrivée des artistes, les apprêts de la grande représentation de bienfaisance. Clara Cesarini, chanteuse en vogue qui doit prendre part à cette soirée, vient rendre

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visite àx son ancienne amie . On parle des triomphes de jadis ! Quelle existence alors.

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