‹ Le Théâtre en provinceChapitre 4 sur 11 · PIÈCE FÉERIQUE EN CINQ ACTES ET VINGT TABLEAUX · texte numérisé non relu

PIÈCE FÉERIQUE EN CINQ ACTES ET VINGT TABLEAUX

A 8 h. 1/4, 1er tableau :

A Bord du Transatlantique.

A 8 h. 35, 2e tableau :

L'Éruption de l'Etna.

A 9 heures, 3e tableau :

Le Repaire des Crocodiles.

A 9 h. 15, 4e tableau :

Le Tombeau de Mahomet.

A 9 h. 35, 5e tableau :

La Révolution au Brésil.

A 10 heures, 6e tableau :

La Fabrication de l'Émeraude.

A 10 h. 25, 7e tableau :

A 3 000 mètres en l'air.

A 11 heures, 8e tableau :

La Plongée du sous-marin.

Etc..

Rien de tout cela n'existait. La troupe se composait de huit à dix personnes et le matériel se limitait à quelques lambeaux de

décors. C'était navrant. Bien entendu, le public pestait et réclamait son argent. Ces attrape-nigauds ne se produiraient pas si de telles publicités n'étaient pas tolérées.

Me sera-t-il permis d'écrire que l'exemple — le mauvais exemple — vient souvent d'en haut et que les artistes consacrés, dont la réputation n'a pas besoin, pour se soutenir, d'un recours au charlatanisme, se laissent aller à des exagérations réclamières du plus mauvais goût.

J'ai là sous les yeux le programme de trois grands galas, au théâtre des Célestins, à Lyon, et portant les dates des 17 et 18 septembre 1916.

Réjane y est proclamée la plus illustre comédienne contemporaine.

Alsace y figure avec cette mention :

L'énorme succès de l'illustre comédienne.

Quant à Madame Sans-Gêne, il devient :

Son légendaire triomphe.

Après cela, si les camarades veulent surenchérir, dans quel vocabulaire iront-ils chercher des épithètes plus truculentes et plus sonores? Quelles trompettes emboucheront-ils, s'ils se piquent d'émulation?

Franchement, n'estime-t-on pas qu'on s'est infligé, en cette circonstance, un ridi-

cule achevé? Cela dépasse Barnum et Mangin. Toute limite est franchie et toute mesure est perdue.

Au total, tout ce surcroît de publicité est inconvenant, immoral, inutile. La municipalité d'une ville qui se respecte devrait nommer un censeur nanti de pouvoirs illimités pour interdire tout libellé malsain, toute affiche scabreuse. Il ne suffit pas de placer des corbeilles dans nos squares, sur les places, pour que Ton y puisse jeter le papier qui, sans cette précaution, tomberait à terre et salirait la chaussée. Faites également disparaître ces annonces malpropres, ces dessins obscènes... Bref, nettoyez vos villes physiquement et moralement.

Et j'en reviens encore à cette Commission théâtrale qui sera Tune des forces sur lesquelles nous voulons pouvoir compter pour travailler au relèvement de la scène française. C'est la Commission théâtrale qui devrait être la censure de la publicité de nos scènes provinciales.

Évidemment, les tournées devraient être plus particulièrement surveillées, car le budget des tournées est beaucoup plus élastique que celui des troupes sédentaires. La tournée . cherche toujours à étouffer les autres spec-

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tacles ; sa publicité est d'autant plus arrogante que l'intérêt de son programme est plus mince. Elle fait apposer des kilomètres de papier. Je sais un imprésario qui compte ses frais quotidiens à raison de : artistes, 200 francs ; affiches, 300 francs. C'est monstrueux, alors que la dépense de l'affichage ne devrait pas représenter le vingtième du budget de chaque représentation !

Pourquoi n'imiterait-on pas ce qui se passe presque partout à l'étranger : affiches simples d'un format répondant à peu près à notre demi-colombier, indiquant le lieu, la date, l'heure, la vedette, le titre de la pièce, la distribution et le prix des places?

Et puis, détail d'une très grande importance, les frais de publicité devraient toujours être compris dans le prix de location de la salle, de façon que le preneur — en l'espèce la tournée — n'ait pas à intervenir dans cette question. L'administration du théâtre, sous le contrôle de la Commission théâtrale, ferait imprimer elle-même les affiches de la tournée et tiendrait la main à ce que ces affiches soient identiquement semblables à celles de toutes les représentations soit de la troupe sédentaire, soit des autres tournées. Bien entendu, les annonces seraient

faites en temps utile ; les intérêts de la troupe de passage seraient ainsi sauvegardés et le public prêterait autant d'attention à sa réclame que si elle avait été faite à grand renfort de papiers multicolores. Ces papiers, il ne les chercherait pas, puisqu'il les ignorerait. Ce serait donc seulement la valeur du spectacle qui réglerait le montant de la recette.

Bien plus, la tournée qui s'aviserait d'utiliser une publication tapageuse courrait à l'insuccès, car le public surpris, choqué de cette faute de goût et craignant la mystification, s'abstiendrait probablement d'assister à la représentation.

Nombreux seraient les avantages d'une telle réglementation : propreté de la façade du théâtre et des murs de la ville, économie du budget de publicité, suppression des boniments de mauvais goût et conséquemment impossibilité absolue de tromper le public.

Théâtre de Bayonne.

A travers le maquis d'un contrat. — ■ A Lapinville-sur- Mer. — ■ Quelques chiffres précis. — Où des absurdités et des contradictions sont surabondamment établies.

La voilà bien la question irritante par excellence ! Loin de moi la pensée de discuter la légitimité des droits d'auteurs, mais, je le dis nettement, les contrats que la Société des Auteurs impose aux directeurs sont imprécis, léonins, inexécutables. Il n'est pas un tribunal indépendant qui ne condamne l'esprit de tyrannisme, d'abus de pouvoir et de mesquinerie qui a présidé à la rédaction de ces traités.

J'ai entendu de mes oreilles l'un des avocats-conseils de la Société des Auteurs — et non des moindres — clamer contre ces

imprimés, tout faits de contradictions et de draconisme.

Examinons d'abord le contrat qui est imposé aux directeurs de tournées. Je le choisis de préférence à celui des directeurs sédentaires, car il est plus riche que ce dernier en puérilités, en surprises et en chausse-trapes.

Article premier. — Le directeur versera pour chaque représentation, à la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, comme part d'auteur insaisissable d'après la loi, le droit proportionnel tel qu'il sera établi par les conventions particulières de l'auteur au paragraphe 2 de l'article 4 du présent engagement, sans que ce droit puisse jamais être inférieur au droit hauteur -fixé par la commission des auteurs pour chaque ville de province, ville d'eaux ou station balnéaire.

On sait qu'il y a deux sortes de minimum : Le premier est un minimum de droits que l'auteur demande à l'exploitant de lui assurer, pour les représentations d'une pièce déterminée, en un laps de temps, déterminé. Sur le chiffre de ce minimum, les parties sont tombées d'accord et sa légalité, par conséquent, est indiscutable. L'autre minimum

fixe la somme que le directeur est contraint de payer dans chaque ville, quand le produit du pourcentage sur la recette ne suffit pas à atteindre cette somme.

C'est de ce second minimum qu'il est question dans l'article premier ci-dessus énoncé.

Voyons ce qui se passe, par exemple, dans les stations thermales ou balnéaires :

Une tournée s'arrête à Lapinville-sur- Mer. Le nombre des places du casino de cette station étant des plus restreints (250 environ), l'imprésario de la tournée se trouve dans l'obligation d'adopter un tarif de places relativement élevé, seule ressource lui permettant de couvrir ses frais. Les prix sont donc établis comme suit :

Fauteuils, 8 fr 50 400 fr.

Stalles, 5 fr 100 500 »

Chaises, 3 f r 100 300 »

Total. . . 1.200 fr.

Il convient de déduire les places occupées par les autorités, les représentants de la Société des Auteurs et celles des mendigots habituels. Reste donc environ 1 100 francs.

Ceci posé, n'oublions pas que l'imprésario de la tournée est tenu non seulement de

satisfaire aux nombreuses obligations qui lui sont imposées par le traité qu'il a signé avec la Société des Auteurs, mais encore de se soumettre aux exigences des contrats passés entre ladite Société des Auteurs et les différents théâtres et casinos où sa tournée doit donner des représentations.

Ces derniers contrats, il ne les connaît pas, mais il est contraint d'en accepter par avance toutes les clauses, sans qu'il lui soit possible d'en discuter le bien-fondé. Il va de soi que ce sont précisément les articles concernant les tournées qui ont été le plus facilement acceptés par les théâtres et casinos, ces derniers n'étant en somme qu'indirectement intéressés dans les affaires des troupes de passage.

Et maintenant supposons que la tournée en question, qui s'est arrêtée à Lapinvillesur-Mer, promène une pièce à 12 p. 100 de droits d'auteurs. Vous penserez, avec tous les gens de bon sens, qu'en acquittant le droit de 12 p. 100 sur 1 100 francs, soit 132 francs, le directeur de la tournée se trouvera quitte vis-à-vis de la Société des Auteurs. Erreur ! car le traité du casino de Lapinville-sur-Mer prévoit un minimum de 100 francs par représentation, quelle que

soit la recette, mais applicable seulement pour les pièces consenties au taux normal de 6 p. 100. Or, comme la tournée en question marche avec une œuvre cotée à 12 p. 100, le minimum se trouvera augmente dans la même proportion et porté dans le cas présent au double, c'est-à-dire à 200 francs.

Il aurait fallu, pour dépasser ce minimum par le calcul proportionnel de 12 p. 100, fixer les places à un tarif beaucoup trop élevé qui n'aurait certainement pas été accepté par le public, et alors le désastre aurait été complet.

Notons bien qu'à Lapinville-sur-Mer une recette de 1 100 francs peut être considérée comme un succès rare, car la moyenne ne dépasse pas sensiblement 700 à 800 francs. Et même si la recette avait été plus maigre, c'est le tiers et peut-être la moitié de cette recette qu'il aurait fallu verser au représentant de la Société des Auteurs !

Remarquons, en passant, qu'aux droits d'auteurs il convient d'ajouter les frais de soirée, le droit des pauvres (10 p. 100) et les taxes diverses. On devine ce que sera le reliquat qui, à l'issue de la soirée, tombera entre les mains de l'imprésario. Et c'est sur ce reliquat qu'il devra payer les cachets des

artistes, les frais de voyages, le transport des bagages et la publicité !

Je laisse au lecteur le choix de l'épithète qui convient aux moyens employés par la Société des Auteurs pour se faire octroyer de tels minimums. ,

Quel est l'argument de la Société à l'appui de cette perception? Mon Dieu ! assez ingénieux et vraiment digne d'un faiseur de pièces gaies :

Le minimum des casinos est très élevé, vous répond-on, parce que les tenanciers de ces établissements gagnent des sommes considérables avec les jeux.

On comprendrait que ces minimums fussent exclusivement appliqués aux représentations données par le casino lui-même, puisque, chacun sait cela, le tenancier distribue chaque soir une grande quantité de places de faveur pour attirer les joueurs ; il paraîtrait donc équitable que celui qui s'enrichit à ce métier-là paye un impôt à son utile collaborateur. Mais, pour les tournées, le cas est tout différent, puisque, au soir de leur passage, on supprime les places gratuites. Ce n'est pas une raison parce que le baccarat fait de belles recettes pour que la troupe qui passe soit frappée

d'un minimum outrancier. La tournée qui comprend Vichy ou Lapinville-sur-Mer se trouve dans une situation identique à celle qui joue au théâtre de Dijon ou de Poitiers. Alors pourquoi, dans ces dernières villes, le minimum n'est-il que de 36 francs ou de 48 francs, tandis que, dans les premières, il atteint parfois des 250, 300 et 400 franes?

J'ai entendu dire à la rue Henner que, dans l'esprit du... législateur, l'application de ces minimums exceptionnels était basée sur le fait que le passage d'une tournée avait un résultat profitable à la cagnotte. Or, il est absolument démontré que c'est le contraire qui se produit. Une enquête auprès de tous les casinos a déjà prouvé que les recettes des jeux diminuaient sensiblement le soir des représentations exceptionnelles. Les prétentions de la Société des Auteurs sont donc mal fondées. Les tournées estivales ne doivent pas être égorgées à ce point qu'il leur faille payer des 15, 20, 30 et même 35 p. 100 de leurs recettes.

Dans le même paragraphe, quatrième alinéa, le contrat dit :

En outre, le directeur reconnaît avoir été prévenu que les directeurs des casinos des

villes d'eaux et stations balnéaires ne peuvent, aux termes de leurs traités avec la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques, recevoir les tournées plus d'une fois par semaine.

C'est de l'arbitraire au premier chef. Quel directeur de casino ne pensera pas : « J'entends être maître chez moi et je recevrai dix tournées par semaine, si bon me semble. »

D'ailleurs le contrat insère un palliatif qui laisse deviner que tout pourra s'arranger avec l'autorisation des auteurs intéressés. Et comme les auteurs sont, toujours intéressés... à ce qu'on joue leurs pièces ! ! !...

Et puis, à quoi reconnaît-on une tournée? La troupe qui serait engagée au cachet par un directeur sans être annoncée sous l'étiquette d'une tournée devrait-elle être considérée comme telle? Et l'excursion régulière d'une ville à l'autre doit-elle être classée dans le compartiment des tournées?

Niaiserie et puérilité !

§ 2. — Ce droit sera versé, à chaque représentation, entre les mains et sur la simple quittance de M. le Correspondant des Agents Directeurs.

Je suis bien certain que tous les impresarii sont disposés à observer docilement cette

prescription, mais encore faudrait-il que M. le Correspondant prît la peine de se déranger. Dans les villes dites « d'hiver », il consent huit fois sur dix à présenter lui-même sa quittance, au galop, pendant un entr'acte, mais, dans les stations estivales, dix fois sur huit il demeure invisible.

§ 4. — Les billets dits de faveur et les billets d'affiche seront frappés d'une taxe de 0 fr. 40 par place.

Les billets à tarif réduit et les billets à droits seront comptés dans la recette pour le prix payé par le spectateur, sans toutefois que la perception du droit sur ces billets puisse jamais être inférieure à 0 fr. 25 par place.

Le montant de ladite taxe sera réparti de la façon suivante :

1° 0 fr. 25 à la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques ;

2° 0 fr. 15 à -la Direction du théâtre.

La taxation des billets de faveur et à prix réduits présente de telles difficultés qu'il n'est pas une ville de France où elle a pu être organisée d'après les instructions de la Société. Tout dans ce paragraphe est prétexte à confusions, à complications, à vexations et à chicanes.

Art. 2. — Le correspondant principal (en son absence le correspondant suppléant) passera, sur sa signature, par chaque représentation, quatre billets d'une place, donnant droit aux premières places. Ces billets, qui peuvent être vendus, etc.

Ces billets sont parfois vendus à vil prix à la porte du théâtre, ce qui est d'une rare inconvenance. Un tel procédé n'est pas fait pour aider aux bonnes relations entre le directeur et le représentant de la Société des Auteurs.

Art. 3, § 2. — Le droit d'auteur ci-dessus stipulé est une part de la recette brute, part dont le directeur est seulement dépositaire, sans jamais avoir le droit d'en disposer pour quelque raison que ce soit, et qui ne peut être ni saisie, ni arrêtée par ses créanciers (art. 2 de la loi du 19 juillet 17911 ; les auteurs ont donc le droit d'exiger un contrôle des recettes qui leur donne toute satisfaction.

En conséquence, le directeur s'engage à établir son contrôle, etc.

L'organisation du contrôle, d'après les modes indiqués par la Société des Auteurs, est absolument impraticable. Tout, dans le règlement, est prétexte à complications

inutiles. Cherchons donc au contraire à simplifier.

Avant tout, il faudrait que les livres à souches fussent établis par les soins de la Société des Auteurs et mis à la disposition des théâtres par les agents locaux, qui seraient les dépositaires, non seulement de ces livres, mais encore des bordereaux, des contremarques et de tous les imprimés nécessaires au bon fonctionnement du contrôle. L'agent tiendrait au jour le jour la comptabilité de ces livres et sa surveillance porterait sur deux points principaux :

1° Certitude absolue que, à la location, aux bureaux, aux suppléments et à la cassette, on n'utilise pas un autre « matériel » que le sien ;

2° Certitude absolue que pas un seul spectateur payant ou gratuit ne peut pénétrer dans la salle sans s'être au préalable muni d'un coupon.

C'est seulement lorsque cette façon de faire sera adoptée par tous les théâtres, qu'un inspecteur pourra, en quelques minutes, juger de la netteté des différentes opérations.

Il serait indispensable aussi que les représentants de la Société fussent de véritables comptables; Malgré des remplacements efîec-

tués en ces dernières années, combien en est-ilencore qui, soit par inaptitude technique, soit par raison de situation sociale, n'osent pas se risquer à « mettre la main à la pâte » ?

§ 3. — La recette faite directement au contrôle, et connue sous le nom de cassette, est absolument interdite. Tous les billets devront être délivrés aux bureaux.

Dans le cas où, malgré adite interdiction, l'usage de la cassette serait constaté par le correspondant ou l'inspecteur de la Société, le directeur serait passible de dommages-intérêts au profit de la caisse de secours de la Société, qui sont fixés à 500 francs pour chaque contravention constatée.

Je veux croire qu'à la rue Henner, on n'ignore pas que la cassette se pratique encore dans tous les théâtres. Alors, pourquoi laisser subsister dans les traités l'article qui en interdit l'usage ? La cassette peut être autorisée au même titre que la recette des bureaux, seulement il convient d'en organiser la surveillance et la comptabilité au même titre que celles des recettes produites par la location et par les bureaux.

§ 5. — Le directeur adressera chaque jour, au correspondant de la ville où devra avoir lieu

la représentation, l'affiche de la représentation du jour, faute de quoi il serait passible d'une indemnité de 50 francs au profit de la caisse de secours de la Société pour chaque représentation dont l'affiche n'aurait pas été envoyée.

Si la tournée arrive à huit heures du soir dans une ville, son directeur trouvera-t-il le temps et le moyen de porter des affiches et des programmes au représentant de la Société, qui peut demeurer à 4 ou 5 kilomètres du théâtre ? Comment admettre que ce représentant n'ait pas été prévenu directement par la Société? Et puis ce représentant ne lit-il pas les journaux, ou est-il assez j'm'enfoutiste pour demeurer dans une telle ignorance des choses de ce monde et en particulier de celles du théâtre où il doit exercer ses fonctions?

On se demande aussi comment les impresarii pourraient faire parvenir les affiches aux correspondants, puisqu'au siège de la Société (nous en possédons la preuve), on refuse de communiquer les noms et adresses de ces correspondants.

§ 8. — Le directeur reconnaît que le droit réservé à chaque auteur d'interdire la représentation de chacun de ses ouvrages lorsqu'il le

jugera convenable, pourra être exercé par l'envoi d'une lettre recommandée, et sans la signification d'un acte extrajudiciaire.

Ce paragraphe est simplement une monstruosité et j'emploie ce mot à la place d'un autre qui conviendrait mieux encore.

Art. 4, § 1. — Le directeur reconnaît que les auteurs se sont réservé le droit exclusif de transformer leurs pièces en œuvres musicales ou en films cinématographiques, sous quelque forme que ce soit, et qu'il ne pourra s'opposer à ce genre d'exploitation.

Ne serait-il pas équitable d'ajouter que les auteurs seraient tenus de prévenir les directeurs de leur intention de transformer leur pièce en œuvre musicale ou en fdm cinématographique, auquel cas le traité pourrait être résilié à la demande du directeur, sous réserve d'indemnité.

Je connais une tournée qui marchait gentiment et qui, tout à coup, vit ses recettes tomber à rien, parce que les cinémas passaient sa pièce àj l'écran et que le film n'obtenait aucun succès. Cette tournée n'a-t-elle pas ainsi été victime d'une concurrence déloyale?

§ 4. — Le directeur ne pourra représenter aucun ouvrage composé, soit par lui, seul ou en collaboration, soit par un ou plusieurs membres de sa famille, soit par toute autre personne associée ou intéressée dans sa direction, soit enfin par des employés de son administration, à un titre quelconque, salariés ou gratuits.

Simple question : Ce traité a-t-il été signé par M. Bernstein, directeur des Bouffes- Parisiens, auteur du Secret; par Mme Cora- Laparcerie, directrice de la Renaissance, femme de M. Jacques Richepin, auteur du Minaret ; par M. Sacha Guitry, par M. Fontannes, par M. Bélières, par M. Max Maurey et tant d'autres directeurs, qui ont fait représenter leurs œuvres, celles de leurs parents, associés ou employés sur les scènes qu'ils dirigeaient ?

§ 5. — Le directeur devra monter les pièces conformément à la mise en scène, aux costumes, décors du théâtre où l'ouvrage a été créé, avec des artistes qui devront être acceptés par les auteurs ; les représentations dudit ouvrage ne pourront commencer qu'après une répétition générale déclarée satisfaisante par les auteurs.

On comprendrait que l'auteur se fît présenter les artistes au moins trois semaines à

l'avance et que les répétitions ne pussent commencer qu'après acceptation, par l'auteur, de tous ses interprètes. Mais jugez quelle sera la situation d'un imprésario qui, après avoir loué et payé d'avance cinquante théâtres, acquitté le prix d'un billet circulaire de 3 000 francs, fait confectionner des costumes et des accessoires, devra attendre la répétition générale, c'est-à-dire la veille du départ, pour savoir si l'auteur lui permettra de se mettre en route. Qui lui répond d'ailleurs de la bonne foi et de l'impartialité de l'auteur?

Quant à monter les pièces conformément à la mise en scène, aux costumes, décors du théâtre où l'ouvrage a été créé, il eût été de toute équité d'ajouter que tout cela n'était exigible que dans la mesure du possible, selon l'importance des villes et celle des ressources locales. Un tel article n'expose-t-il pas par trop cavalièrement le plus probe des directeurs aux caprices et exigences d'un auteur fantasque ou de parti-pris?

§ 6. — Pendant la durée des présentes conventions, les auteurs ne pourront donner, dans les villes ci-dessus désignées, aucune autorisation de représenter les ouvrages portés au paragraphe

premier du présent article 4, si ce n'est quinze jours après le passage de la troupe du directeur. Mais il est bien entendu que ni les auteurs, ni les agents directeurs ne seront responsables dans le cas où des représentations de la pièce qui fait l'objet du présent traité seraient données par d'autres directeurs, sans qu'une autorisation spéciale et écrite leur ait été accordée.

Ainsi, un directeur de tournée a assuré 10 000 francs de droits à l'auteur. Il a fait un itinéraire comprenant toutes les villes susceptibles de s'intéresser à l'œuvre. Mais, pour des raisons indépendantes de sa volonté, le succès n'a pas répondu à ses efforts, car, la tournée terminée, le total des droits n'atteint que 4 000 francs. Il voudra se remettre en route pour visiter à nouveau les villes où la pièce a obtenu un certain succès, et il en sera empêché par la Société des Auteurs qui, s'étant réservé le droit de disposer de la pièce quinze jours après le passage de la tournée, a traité entre temps avec les dix ou douze meilleures villes de nos départements. Le directeur se trouvera donc dans l'obligation de sortir de sa poche six billets de mille pour parfaire le minimum assuré.

Comment, pendant toute la durée de son privilège, la tournée n'a-t-elle pas le droit

exclusif de passer et de repasser dans toutes les villes qui lui ont été concédées ?

§ 13. — Dans les villes où il existe plusieurs établissements, le directeur donnera de préférence, à conditions égales et à pourcentages égaux, ses représentations dans les théâtres, sans toutefois que la part de pourcentage réclamée par le directeur puisse dépasser 40 p. 100

Cet article porterait gravement atteinte à la liberté individuelle, s'il n'était en vérité ridiculement puéril. En effet, par quels moyens la Société obligera-t-elle un imprésario à passer dans un théâtre plutôt que dans un casino? Si la tournée préfère tel établissement à tel autre, ne pourra-t-elle pas, le cas échéant, convenir de conditions fictives ou même refuser à la Société de faire connaître ses arrangements ?

Quant aux autres paragraphes, qu'il ne me paraît pas nécessaire de reproduire, ils sont inutiles parce que impraticables, contradictoires et même incompréhensibles sur plusieurs points.

Un incident en Savoie. — ■ L'encouragement au vol et au dol. — ■ La question du minimum. — » La Société des Auteurs et ses responsabilités. — Un contrôle à réorganiser.

Et qu'on le sache bien, celui qui écrit ces lignes n'est pas un ennemi de la Société des Auteurs, bien au contraire. C'est parce qu'il devine la haute puissance morale qu'elle pourrait acquérir, qu'il la voudrait équitable, forte, respectée, aimée de tous.

Que de fois ai-je entendu critiquer hautement ses agissements par des personnalités dont le caractère impartial, l'autorité, l'honorabilité ne pouvaient être mis en doute : des maires, des préfets, des notables...

J'ai conservé le souvenir d'un incident qui bouleversa, pendant quelques heures, le

paisible casino d'une station savoisienne : Un certain soir, le taux des droits exigés était si exorbitant que le représentant de la Société se vit dans l'obligation de réclamer à l'imprésario d'une tournée la presque totalité de la recette. Grosse discussion, qui se répandit dans le hall au moment où les spectateurs sortaient du théâtre pendant un entr'acte. Rassemblement. Public mis au courant des prétentions de la Société. Stupéfaction générale et, de toutes parts, pendant une demi-heure, exclamations de ce genre :

— On ne devrait pas tolérer de tels abus.

— Ce sont des apaches.

— Il faudrait les poursuivre... ou taper dessus...

Avant de toucher aux choses du théâtre, je m'imaginais que la Société des Auteurs était la maison modèle où régnaient un ordre parfait, un rigoureux sens de l'équité, une scrupuleuse correction dans l'exécution des contrats, une indiscutable netteté dans l'attribution des responsabilités, un profond mépris du bluff et de ces ambitions personnelles qui agitent nos pantins du Palais-Bourbon. Je me disais dans ma naïveté : la Société des Auteurs, ça doit être quelque chose dans le

genre de la Banque de France... Depuis, il m'a fallu déchanter ! ! !

Je sais bien que les agents directeurs s'ingénient parfois à trouver une application moins arbitraire des décrets de la Commission, en diminuant dans la mesure du possible les charges extravagantes qu'on leur prescrit d'imposer aux théâtres de province. Si, malgré leur bonne volonté, ils n'arrivent pas toujours à administrer équitablement, il faut reconnaître que leur tâche est rude.

Il fut un temps où les entrepreneurs de spectacles (théâtres sédentaires ou tournées) avaient pour habitude de ne pas déclarer exactement à la Société des Auteurs le montant de leurs recettes. On faisait 1 200 francs, on n'annonçait -que 900 francs. C'était un usage courant, et l'imprésario coupable se considérait comme tout aussi honnête homme que le locataire d'un loyer de 5 000 francs qui le fait passer au fisc pour 4 200 francs.

En déclarant cette fausse recette, commettait-on un vol? Sans aucun doute, mais les circonstances atténuantes étaient formidables, ainsi que l'on va pouvoir en juger.

Ouvrons ici une parenthèse pour enre-

gistrer la réponse qui fut faite à un imprésario de notre connaissance, par un agent directeur auquel il se plaignait de l'exagération des minimums :

— Que voulez-vous, mon pauvre ami, nous savons que les recettes ne nous sont pas déclarées intégralement ; alors nous prenons les devants en exigeant un minimum très élevé — ça fait la compensation !

— Bigre ! se dit l'imprésario, puisque cet agent des auteurs est convaincu que tous les directeurs déclarent de fausses recettes, et puisqu'à cause de cela il a établi des minimums compensateurs, il faut donc que, moi aussi, je fasse des déclarations erronées, car autrement... je serais chocolat !

D'ailleurs ces fausses déclarations n'étaient pas seulement tolérées... elles étaient encouragées par les municipalités ou leurs représentants, et souvent même par l'agent local de la Société. Et pendant qu'on établissait le faux bordereau, il y avait de la joie dans l'air — la joie qu'on éprouve à user de représailles envers celui qui vous a dupé.

Il faut bien reconnaître que la situation n'eût pas été la même si la Société des Auteurs s'était toujours montrée équitable. Et la preuve que l'intention de représailles

était le principal facteur de la fausse déclaration, c'est que, neuf fois sur dix, on trichait avec les auteurs, alors que, pour le droit des pauvres, on donnait le chiffre rigoureusement exact.

J'estime que si la Société, appréciant une œuvre au taux de 8 p. 100, s'était contentée de réclamer partout le 8 p. 100 des recettes sans application d'aucun minimum, elle aurait touché des sommes beaucoup plus importantes, tout en s'attirant la sympathie des directeurs et en méritant la considération de tous ceux qui ont le respect des accords loyalement établis.

Au lieu de cela, que se passe-t-il? Un beau soir, en face d'une recette ridicule de 300 francs, la Société exige l'application d'un minimum de 60 francs. Le directeur paie en rechignant, car il se trouve lésé de 36 francs... Il se dit qu'à raison de 8 p. 100 il n'aurait dû donner que 24 francs... et il prend in petto la détermination de se rattraper à la première occasion. Après tout, n'est-il pas en état de légitime défense?

Plus tard, mis en goût par le procédé qui lui a permis de se refaire, peut-être a-t-il recommencé sans y être incité par l'esprit de revanche? C'est, à mon avis, dans des

raisons de ce genre qu'il faut chercher la cause initiale des détournements importants que la Société a connus aussi bien que moi. J'eus, il y a quelques années, l'occasion d'échanger des idées sur ce sujet avec un directeur qui, pendant dix ans, avait été à la tête d'un théâtre de province :

— Vous avez fait sauter aux auteurs environ 1 000 francs par mois ; votre saison étant de dix mois, c'est donc, en dix ans, un total de 100 000 francs • que vous avez pris aux auteurs.

Le directeur, très sérieux, nous répondit :

— Cette somme représente exactement le montant de mes économies. Alors, si je n'avais pas, de moi-même, rectifié, les... erreurs et adouci les exigences de la Société, je me trouverais aujourd'hui sans un sou — et j'aurais usé pour rien les dix plus belles années de ma vie !

Je ne lui donne fichtre pas raison ! Rien ne peut faire qu'une fausse déclaration ne soit pas un acte malhonnête. Mais tout de même ! !... La Société peut faire son meâ culpâ ; si on lui a beaucoup pris indûment, n'a-t-elle pas donné le mauvais exemple?

C'est le jour où sa recette est mauvaise qu'un directeur a besoin d'être aidé... et

c'est précisément en face des désastres que la Société montre ses crocs. Il n'y a donc aucun doute sur ce point : le minimum devrait être aboli.

Le maintien du minimum n'est pas seulement un aveu d'impuissance, ce n'est pas seulement une chose malpropre, c'est, je l'affirme, une grosse bêtise.

Croyez-vous d'ailleurs que ces minimums aient été mûrement réfléchis et fixés en toute connaissance de cause? Que non pas ; ça s'est fait au petit bonheur, d'après des documents recrutés on ne sait où. Il semblerait que ce travail ait été accompli par le brave homme qui fabriquait pour un almanach les prédictions de la température :

Lundi : temps couvert ;

Mardi : vent et pluie ;

Mercredi : petite pluie ;

Jeudi : grande pluie.

— Oh ! papa, s'écrie le petit garçon de cet émule de Mathieu de la Drôme, pourquoi jeudi grande pluie? C'est mon jour de sortie...

— Bon, bon, reprend le papa :

Jeudi : temps splendide.

De même la Société des Auteurs a établi ses barèmes de minimums sans rime ni raison, au petit bonheur.

Les auteurs, comme les agents, sont de braves gens. J'ai le plaisir de compter, au sein même de la Commission, quelques très bons amis que j'aime sincèrement ; mais quand ils se trouvent rassemblés, le vendredi, autour de leur tapis vert, je ne les connais plus.

« Dans l'âme collective, dit Gustave Le Bon, les aptitudes intellectuelles des hommes, et par conséquent leur individualité, s'effacent. L'hétérogène se noie dans l'homogène et les qualités inconscientes dominent. »

Il va de soi que tous les auteurs dramatiques, tous les compositeurs de musique ne sont pas également doués d'un esprit de méthode, d'organisation ou d'équité.

M. Gustave Hervé écrivait dernièrement :

« On peut être un grand savant, un fin lettré, un puissant orateur, un écrivain génial, un critiquailleur redoutable, un excellent donneur de conseils, et n'être qu'une fichue bête quand il s'agit de faire cette chose très spéciale qui s'appelle diriger et commander. »

Et, pour en terminer avec mes citations, j'emprunte encore les lignes suivantes à Gustave Le Bon, dans la Psychologie des Foules :

« Les décisions d'intérêt général prises

par une assemblée d'hommes distingués ne sont pas sensiblement supérieures aux décisions que prendrait une réunion d'imbéciles. »

La Société des Auteurs est assurément responsable, pour une grande part, du gâchis dans lequel sont tombés nos théâtres de province. Sa responsabilité est d'autant plus grande, que sa puissance lui permettrait de réorganiser nos scènes départementales : elle pourrait, non seulement leur donner une vitalité nouvelle, mais encore aider à leur prospérité. Elle dispose, en effet, d'un privilège dont la valeur est considérable, insoupçonnable : le répertoire. Nombreux sont les cas où elle pourrait menacer de ses foudres, par interdiction du répertoire, les administrations municipales :

— Un cahier des charges léonin et ridicule.

— Un théâtre boycotté par le public à cause de son état de décrépitude et d'insalubrité.

— Une scène mal éclairée, sans décors, jamais nettoyée.

— Une salle non chauffée, criblée de charges, véritable caverne où les employés en embuscade attendent les troupes théâl raies...

comme d'autres attendent des voyageurs au coin d'un bois.

— Un directeur qui fait des coupures, qui supprime des rôles, qui trahit la pensée de l'auteur en même temps que la confiance du public.

— Un contrôle fonctionnant de façon défectueuse.

— Une comptabilité mal tenue, etc.

L'interdiction du répertoire serait une

mesure radicale sans doute, mais tous ceux qui connaissent la situation actuelle, tous ceux qui aiment l'art dramatique et ont à cœur de le voir défendre, applaudiraient à l'application de ce moyen énergique dont l'effet serait certain. Hélas ! la Société reste impassible, parce que la rapacité de certains de ses membres lui fait craindre une aventure qui l'exposerait à une perte momentanée et insignifiante.

C'est pourtant avec le répertoire qu'on obtiendrait des décors, des meubles, du feu, de l'eau, des coups de balai,... sans compter d'impeccables contrôles. Car, je l'ai dit déjà dans de précédents chapitres, malgré quelque amélioration apportée en ces dernières années, le contrôle, à de très rares exceptions, fonctionne toujours dans des conditions pitoyables.

Je me flatte, bien que d'autres cherchent à s'en attribuer l'initiative, d'avoir été le premier à dénoncer les complaisances, les falsifications, les truquages de toutes sortes.

Pour remédier à tant de maux, qu'a-t-on fait? On a créé des inspecteurs, sans songer à réorganiser les contrôles. De sorte que ces pauvres inspecteurs, malgré leurs excellentes intentions, n'ont pu qu'apporter un trouble passager dans le petit travail des fraudeurs et moucharder quelques entrées de faveur injustifiées. Que reste-t-il de leur œuvre? Rien, absolument rien ! Et pourtant ils ont parcouru nos départements, du Nord au Midi et de l'Est à l'Ouest, nantis de formules nouvelles, d'imprimés compliqués, de bordereaux incompréhensibles. Comment, d'ailleurs, seraient-ils arrivés à dénicher, au :ours de leur rapide randonnée, les mille et in trucs que les employés des théâtres ont nis vingt ans à expérimenter et à perfectionner ?

Seule aurait remédié à cet état de choses ine réorganisation complète du contrôle, lur des bases nouvelles : création d'un type inique de livres à souches, de bordereaux, le tickets de sortie, création de bureaux péciaux pour la cassette et des suppléments.

A défaut de locaux pour installer ces bureaux, il eût été facile d'imposer, dans toutes les salles de spectacles, la construction d'un kiosque pratique et peu coûteux dont, au besoin, la Société aurait fourni les plans.

Alors seulement les inspecteurs eussent pu inspecter.

Et qu'un directeur, qu'un imprésario veuille porter ses doléances à la Société des Auteurs. Il lui faut d'abord demander audience. Le jour venu, il est cérémonieusement introduit dans la salle de la Commission. Le président, courtoisement, l'invite à prendre place en face de lui, devant une longue table autour de laquelle siègent les commissaires. Il est en quelque sorte « l'accusé ». On lui pose des questions sur le sujet qui l'amène, on lui parle de choses à côté, on lui jfromet aide et protection, cependant que l'un des commissaires fait un mot dans l'oreille de son voisin qui fume un gros cigare et qu'un autre écrit une lettre sans se soucier le moins du monde de ce qui se passe à côté de lui. On parle dix minutes pour ne rien dire, puis, en manière de conclusion, le président déclare :

« La question mérite d'être étudiée, nous |

y songerons, revenez nous voir et, quoi qu'il arrive, vous pouvez compter sur nous. »

Le directeur, ou l'imprésario, s'en va, confiant, certain que sa cause est en bonnes mains. Puis les jours, les semaines se passent. Et, un beau matin, il apprend que de nouveaux commissaires ont succédé à ceux qui avaient entendu sa réclamation et promis leur appui...

Théâtre de Lorient.

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