RENOUVELLEMENTS LITTÉRAIRES DE LA FRANGE
La géographie intellectuelle de la France ressemble à sa configuration physique, et elle occupe sur la carte des lettres une place analogue à sa situation dans celle des climats. Ouverte, au contraire de l'Espagne, elle absorbe de toutes ses frontières des éléments étrangers, qu'elle dévore et digère, sans altérer le fonds du génie national, et Tàme reste une, individuelle, dans ce corps nourri d'ailleurs.
Sur ses lointaines fondations gauloises, puis « françoises », lentement édifiée par la collaboration de nos provinces, des pays d'oc et des langues d'oil, cimentée ensuite par ral'flux de Rome antique et de la Grèce, à Tépoque de la Renaissance, notre littérature a reçu les apports successifs de Tltalie au xvi** siècle, de la Castille au xvu% de l'Angleterre au xviii% de l'Allemagne, puis de la Russie, puis de la Norvège au xix% et accrue de toutes ces conquêtes, est demeurée très française, car c'est son caractère vital d'être renouvelable de siècle en siècle par le dehors, et d'y prendre, à chaque
fois quelque chose de vivant, de personnel et d'harmonieux.
Notre théâtre s'est formé de même, ajoutant au terrain primitif les alluvions de Sophocle, d'Aristophane et de Plante, puis affermi, et par des exhaussements, de Shaliespeare à Ibsen, diversifié, développé, enrichi sans cesse. Mais ce sont les Castillans qui plus que tous y ont bâti.