‹ Le théatre espagnolChapitre 53 sur 77 · SCÈNE Vlll DON GIL, GOLONDRO · texte numérisé non relu

SCÈNE Vlll DON GIL, GOLONDRO

GOLONDRO

La voiture court, vole... mais non vers le but que lu crois. Un laquais resté en arrière me l'a dit. Léonor a pris avec son père la route de Valde-Fuentès, pour s'y rendre religieuse, et, sitôt arrivée, on rencloîtrera.

Que la langue maudite se dessèche ! Par toi, j'ai perdu mon bien.

GOLONDRO Par moi ?

DON GIL Et mon espoir est à terre. Ah ! chien ! (11 le bat.)

GOLONDRO

Peste soit de Thomme qui l'engendra ! Me voilà bien avantagé!

DON GIL

Tout mon bonheur est en ruines ! Il faut que je passe ma fureur sur toi !

GOLONDRO

Eh! par le Christ, maître, retiens-toi! Je ne suis pas Tabbesse.

DON GIL

Sevré de ce bonheur, je sens croître encore la folie qui me tue.

GOLONDRO

Est-ce un métier de bandit que je fais là ? C'est le prix dû à mes services ? Soyez un estimable voleur, voilà le profit qu'on en tire! Je n'ai point de part dans les bijoux, mais j'en ai dans les coups de poing.

DOX GIL

J'ai stupidement différé, à cause d'Inès ! Malédiction sur vous deux !

Golondro, mon ami, n'eûles-vous point des commencements de sainteté ? Don Gil est vénéré dans l'opinion générale ; or, vous fûtes son valet. C'est fort bien : je sais ce qu'il me reste à faire.

DON GIL

Va-t-en ! Je résiste mal au transport qui me pousse.

GOLONDRO

Monde, tu me réservais ce paiement! Je renonce à loi. Je serai saint, j'en jure le Christ. (Il s'en va.)

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