‹ Le théatre espagnolChapitre 66 sur 77 · VOIX DE FEMMES HORS DE LA SCENE · texte numérisé non relu

VOIX DE FEMMES HORS DE LA SCENE

Une sirène au chant fatal

Est dans la mer, neige et cristal ;

Bouche de miel, cœur de métal.

(Accompagnement strident de sistres, tambours de basque, etc., sur des notes aiguës. Musique bizarre.)

DOX GIL

Ce chant dit vrai. Ah ! il est bien certain qu'il n'y a plus de remède à mon malheur. Lorsque je cherche mon salut, je trouve cet obstacle à mes pieds. Le Monde, qui me retient avec ses joies passagères, me rappelle à la réalité. Vous qui me faites ressouvenir, d'oiî venez-vous, voix subtiles qui, à travers les airs, volez si rapidement vers moi ?

L'amour, l'amour, en blanche tour, En tour d'écume, tour à tour Se dresse et croule sans retour.

DON GIL

Le bonheur humain en effet ne dure pas plus, en sa fausse apparence : il n'a pas plus de consistance que les tours que forme la Mer. Est-ce la plainte de ma conscience qui s'élève ainsi ? (Entre Golondro en habits d'ermite, courant et faisant des signes de croix»)

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