‹ Le théatre espagnolChapitre 73 sur 77 · SCÈNE XU GOLONDRO, DON GIL, DON DIEGO · texte numérisé non relu

SCÈNE XU GOLONDRO, DON GIL, DON DIEGO

GOLONDRO Nous serons tous sauvés, vous verrez ! Ah ! malheureux que j'étais ! pauvre moi ! je n'y voyais goutte ! Bon père^ saint ermite, qui m'avez remorqué, baillez-moi la main, dites ? pour que je sois sûr d'aller avec vous en Paradis. Je ne vous lâche plus. Je me cramponne.

DON DIEGO, après avoir longuement considéré Gil.

Viens dans mes bras, Don Gil : frère, embrasse-moi. Je suis Don Diego de Ménésès. C'est ta parole qui m'apporta la vérité, et ce que j'ai gagné par ton secours veuille le Seigneur que tu le retrouves avec mon aide !

Ah! mon ami, conduis-moi à l'effacement de mes péchés par la confession à voix haute.

DON DIEGO

Pas à cela seulement. Il faudra te dépouiller de tes richesses d'emprunt, de ta gloire usurpée par la ville, qui te vénère à tort: faire une restitution complète... car payer à Dieu n'empêche pas de s'acquitter envers tous les autres intéressés.

DON GIL

DON DIEGO

DON GIL

Je n'esquiverai rien.

Eh bien, suis-moi !

Je suis prêt.

GOLONDRO

Et moi, mon père 7 que m'ordonnes-tu pour désarmer le Juge?

DON [DIEGO

Tu resteras trois heures en croix.

(Il sort, marchant devant Don Gil.)

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