PRÉFACE. XXXV
contemporaine, en 18S8, et que j'avais depuis inséré dans les Essais sur l'histoire de la Litté^ rature française^ dont je prépare aujourd'hui une nouvelle édition avec M. Oalmann Lévy.
J'ai transféré mon Dumas fils dans le présent volume où il m'a paru plus à sa place, au milieu de ses contemporains, entre son glorieux pore et M. Sardou. Lorsque j'ai essayé, pour la première fois, de déterminer la nature de son talent, la portée de sa méthode, la siguification historique et morale qu'il convient de prêter à son succès, M. Dumas fils avait écrit seulement cinq pièces. Ses qualités et ses mérites se sont bien développés depuis 1858. On s'est trompé gravement sans doute, lorsque, après les Idées de Madame Aubray, on a prétendu découvrir à son théâtre un sens chrétien. L'émotion chrétienne n'est jamais chez M Dumas fils ; et la moralité qu'on peut extraire de son théâtre n'a rien de commun avec la morale chrétienne dont le caractère est un héroïsme simple ; le principe, un esprit de sacrifice et d'abnégation. On ne pourrait davantage la faire dériver, malgré des points de parenté sensibles, du système de l'utile que Bentham et ses disciples ont su déduire, avec beaucoup de rigueur et d'évidence, des conditions d'existence, engendrant des nécessités et des obligations, où la nature et la so*