‹ Le théâtre et sa législationChapitre 6 sur 57 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Section I. — Liberté des Thédfves,

La loi des 16-24 août 179U, sur Torganisation judiciaire, disposa, dans son titre XI, art. 4: « Les spectacles publics « ne pourront être permis et autorisés que par les officiers « municipaux. Ceux des entrepreneurs et directeurs actuels « qui ont obtenu des autorisations, soit des*^ gouverneurs « des anciennes provinces, soit de toute autre manière, se « pourvoiront devant les officiers municipaux, qui confir- « meront leur jouissance pour le temps qui en reste à (( courir, à charge d'une redevance envers les pauvres. »

Cette mesure provisoire, qui déjà faisait évanouir le peu qui subsistait alors de l'idée de monopole, fut suivie de la fameuse loi des 13-19 janvier 1791 : « Tout citoyen, disait « l'article I", pourra élever un théâtre public pour y faire « représenter les pièces de tous genres, en faisant préalable- « ment à l'établissement de son théâtre sa déclaration à la « municipalité des lieux. »

Celte liberté, loyalement proclamée avec tant d'autres, était destinée, comme elles, à demeurer dans le domaine — inviolable celui-là — des principes. Les événements la reconnurent assez illusoire. Si les théâtres pouvaient s'ouvrir sans requérir le privilège de jadis, du moins corn-

bien furent fermés sur Tordre de rautorité! Et à quelles conditions leur laissait-on le droit de vivre * !

Des spectacles nouveaux s'élevèrent de tous côtés : — Le 1" septembre 1791, le Théâtre du Marais, rue Culture- Sainte-Catherine ; — le 12 janvier 1792, le Théâtre du Vaudeville; — le 20 octobre 1792, le Théâtre du Palais, qui prend, en 1793, le nom de Théâtre de la Cité, et plus tard celui de Cité-Variétés ; — en 1792 encore, loie Saint-Martin, le Théâtre de Molière, qu'on appelle presque aussitôt Théâtre National de Molière, puis Théâtre des Sans-Culottes en 1793. 11 reprendra son nom de Théâtre de Molière après la Terreur, et s'appellera, en 1800, Variétés

NATIONALES ET ÉTRANGÈRES ; lo 1*' juillet 1793, Ic ThÉATRE DE

Louvois, rue de Louvois.

La même année, M"** Montansier fonde le Théâtre-National, rue de Richelieu, en face de la Bibliothèque.

On voit apparaître aussi le Théâtre de Marat, rue de TEstrapadc; — le Boudoir des Muses, appelé, par la suite. Théâtre de la Vieille rue du Temple ; — le Théâtre de la RUE DU Chaume; — le Théâtre de la rue du Bac, dit plus lard Théâtre de la Victoire ; — puis, sur le boulevard du Temple, les Elèves de Thalie, les Petits-Comédiens-Fran- ÇAis, le Théâtre Minerve ; — le Théâtre de la Liberté, à la foire Saint-Germain; — en 1799, en 1800, le Théâtre des Troubadours, qui s'établit d'abord dans la salle Molière, ensuite dans la salle Louvois, et le Théâtre des Jeunes élèves, rue Dauphine, etc.. etc.

Quant aux scènes anciennes, la plupart changent de nom, et plus souvent de direction. Le Théâtre du Palais- Royal s appelle, en avril 1791, Théâtre-Français de la rue de Richelieu, et, après le 10 août. Théâtre de la Liberté et de l'Egalité, puis Théâtre de la République. Les Elèves de l'Opéra lui prennent son ancien nom de Variétés-Amusantes. La Gaité, en 1795, s'appelle pour quelque temps Théâtre

1 Voir notre chapitre intitulé : La Censure depuis la Révolution.

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