PRÉFACE
^ Le livre dont je soumets la traduction au ^ public français a paru en suédois sous le \l titre suivant : Medeltids dramat i Frankrike (Gothembourg, 1899).
Il s'agit ici d'une série de leçons professées par M. Mortensen à TÉcole supérieure des Lettres et des Sciences de Gothembourg, devant un public mixte, composé d'étudiants et de gens du monde. Le livre a conservé ce caractère originel et je n*ai rien fait pour le lui enlever : c'eût été lui faire perdre un de ses attraits. Si ce caractère de causerie s'y marque de temps à autre par un certain laisser- "Uer dans l'exposition, par quelques redites, ir des rappels un peu trop fréquents « à ce li a été déjà vu », il n'en est pas moins
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vrai qu'ayant à concentrer en 250 pages toute révolution d'un genre et trois siècles de production dramatique, M. Mortensen a résolu le difficile problème d'être suffisamment complet sans être jamais sec.
Son livre reste donc ce qu'il était en suédois : un livre de vulgarisation et non un manuel. Toute bibliographie est absente :
les « laïques » n'en ont que faire; et d'autre part, si, comme nous l'espérons, certains professeurs d'Universités recommandent à leurs étudiants l'ouvrage de M. Mortensen et le prennent comme point de départ d'un cours plus approfondi sur le moyen âge dramatique, ce sera Tafl^aire des maîtres de renvoyer aux travaux de première main et aux recueils, et de renseigner les élèves sur une bibliographie d'ailleurs peu compliquée.
Toute discussion de détail est également absente. D'ailleurs on ne saurait exiger que M. Mortensen se soit fait sur tous les points qu'il effleure une opinion personnelle. Soi exposition lucide repose toujours sur l'étude
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directe des textes; mais il est évident que, dans les questions de dates, d'attribution, de biographie, etc., il a dû souvent se contenter de résumer les travaux spéciaux. Il n'est vraiment spécialiste qu'en ce qui concerne « le drame profane », objet d'une thèse remarquable, naguère soutenue par lui devant l'Université de Lund; M. Mortensen y marquait avec beaucoup de finesse la transition entre le drame médiéval proprement dit et celui de la Renaissance. Or, comme on peut le voir, cette question n'occupe dans le présent volume que juste la place qu'elle mérite dans l'ensemble; M. Mortensen n'a fait aucun étalage de ses connaissances spéciales ; rien ne prouve mieux sa loyauté pédagogique. Comme les vieux drames liturgiques dont l^ seule ambition était d'instruire les fidèles et d'illustrer le texte de la Bible par des tableaux parlant aux yeux, de même M. Mortensen n'a eu d'autre ambition que de présenter sous une forme aussi vivante et aussi concrète que possible un grand chapitre d'histoire littéraire.