Le texte porte « le temps... », acte II. scène r
6. Cité dans Gaultier Garguille, p. iSg. n. — Cf. des plaintes moins intéressées dans la Pratique du théâtre, 1. IV, en. viii ; t. I, p. Sai : cf. p. 353 et 356. le Projet pour le rétablissement du théâtre françois.
7. U Ulysse dans IHle de Circé, par Boyer, est de i648. mais les merveilles de la Toison d'or ne devaient paraître qu'en 1660.
a56 LE TUÉATRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
Mais» réussies ou non, il fallait des machines au public, il aimait le spectacle et le tintamarre, il réclamait des feintes ^ Aussi les comédiens visaient-ils à un certain réalisme dans leur jeu et ne négligeaient-ils aucun moyen de faire impression sur leurs spectateurs. Les prisons, fréquemment représentées, étaient oc effroyables », munies de grilles, au risque de cacher l'acteur au spectateur et de rendre son action languissante^ ; les bûchers et les tombeaux ne paraissaient pas moins souvent sur le théâtre ; on s'y blessait, on s'y tuait, et, en pareil cas, il fallait que le sang coulât. Le mémoire de Mahelot abonde en recommandations qui pourraient figurer dans un mystère du moyen âge. Ici il demande a du sang, des éponges, une
On peut voir Tindication de quelques machines remarquables dans du Tralage. Notes et documents sur l'hist. des th. de Paris^ Paris, Jouaust, 1880, in-ia. — Plus lard encore, M™« d'Aulnoy déclarait les machines du théâtre espag^nol absolument « pitoyables ». Voy. Damas- Hinard. § a, p. i33o.
I. Voy. le passage de Bruscambille que nous avons cité au chap. V, p. ai5.
a. Sur la représentation des prisons, voy. de curieuses observations de La Mesnardière, p. 4i3-4i4- Le critique veut qu'on les fasse effroyables, et que les prisonniers aient soin de s'y tenir. Corneille dit au contraire, dans son Examen de Médée (t. II, p. 337) : « J'oubliais à remarquer que la prison où je mets Egée est un spectacle désagréable, que je conseillerais d'éviter ; ces grilles, qui éloignent l'acteur du spectateur et lui cachent toujours plus de la moitié de sa personne, ne manquent jamais de rendre son action fort languissante . Il arrive quelquefois des occasions indispensables de faire arrêter prisonniers sur nos théâtres quelques-uns de nos principaux acteurs; mais alors il vaut mieux se contenter de leur donner des gardes qui les suivent et n affaiblissent ni le spectacle ni l'action, comme dans le Polyeucte et dans Héraclius. » Dans Sophonisbe, Syphax paraissait enchaîné; mais, comme ses chaînes offraient aussi « un spectacle désagréable » , Lélius, au bout de trois scènes, se ravisait :
Détachez-lui ces fers, il suffit qu'on le garde.
(Voy. Marty-La veaux, Notice sur Sophonisbe, t. VI, p. l^b^.)
petite peau, pour faire la feinte du coup du sacrificateur*» ; là « un plastron feint, pour tirer du sang du corps d'une epée à dessein, et du sang pour la feinte ^ » ; ailleurs enfin, « Ton tranche une tête, il faut un brancard de deuil où Ton porte une femme sans tête^ »; il faut aussi « une tète feinte* ». Quelle curieuse liste on pourrait dresser des accessoires de THôtel de Bourgogne ! Contentons-nous de citer ceux qu'il fallait pour une seule pièce, une des plus exigeantes, à la vérité ^ : « fi'ois casques garnis de lem*s visières, un porc, six queues de sirènes *, six miroirs, des ailes pour Éole, UQg y^rg^ d'argent, une verge d'or, un pot de confiture, une serviette, une fourchette, un verre de vin, quatre chapeaux de cyprès, deux de fleurs, une fleur de moly, chapeau de Mercure, caducée et des talonnières, un foudre, un sceptre de Pluton, couronne, arbre doré dans le jardin (des Hespérides), vents, tonnerres, flammes et bruits, un caillou pour Sisyphe, un artifice dans l'antenne du vaisseau d'Ulysse. »
Les animaux jouaient aussi leur rôle dans c» ^théâtre, comme dans le théâtre contemporain, l ^ahelot jdëmande un ours pour la Folie de Turlupin, des lions pour Ligda-