‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 103 sur 140 · De sereins, dit le texte · texte numérisé non relu

De sereins, dit le texte

mon, ainsi que pour Pyrame et Thisbé ; pour la Filis de Scire, « un agneau qui soit en vie ». Dans Chriséide et Arimant, on ne sacrifie qu* « un mouton feint », mais on fait « jouer des rossignols »... Enfin Scarron nous donne, sur les animaux au théâtre, des renseignements analogues à ceux que fournit Shakespeare dans le Songe d*une nuit d'été : ce J'ai fait autrefois le chien de Tobie, dit La Rancune, et je le fis si bien, que toute Tassistance en fut ravie. Et pour moi, continua-t-il, si Ton doit juger les choses par l'effet qu'elles^ font dans l'esprit, toutes les fois que j'ai vu jouer Pyrame et Thisbé, je n'ai pas été tant touché de la mort de Pyrame qu'effrayé du lion *. »

Nous avons le jugement, naturellement flatteur, que les comédiens portaient eux-mêmes sur une de leurs mises en scène : « Si vous ne voulez aller si loin (que la foire), il ne faut qu'aller à l'Hôtel de Bom*gogne, et eussiez eu envie d'y acheter quelque chose, tant les marchands avaient de grâce pour attirer le monde, vu qu'on représentait la foire de Saint-Germain ; et comme on commence par mettre les faubourgs dans la ville, Saint-Germain et la foire étaient en l'Hôtel de Bourgogne. Là vous eussiez vu et pouvez voir encore, si vous le voulez, une image parfaite et accomplie de celte dite foire, une décoration superbe, des acteurs vêtus à l'avantage, la naïveté des vers accomn\odés au sujet ; vous eussiez vu les plus exquises peintures de Flandre, où présidait Catin, noble fille de Guillot Gorju; vous eussiez vu Guillaume le Gros, dans une boutique d'orfèvre, apprêter à rire à tout le monde, et dont vous ririez encore sans une fâcheuse réflexion que l'on faisait, voyant manger des dragées de Verdun à ceux qui étaient sur le théâtre sans en manger; car il n'y avait rien de si triste que de voir manger les autres et ne pas

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