‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 104 sur 140 · I. Bom. com., i«*« partie, ch. x ; t. I, p. 8a · texte numérisé non relu

I. Bom. com., i«*« partie, ch. x ; t. I, p. 8a

LA MISE EN SCÈNE sSq

manger soi-même, et être comme un Tantale .dans les eaux*. » ,

Ne croyons pas trop à « la décoration superbe », non plus qu'aux « plus exquises peintures de Flandre » : nos comédiens n'ont-ils pas longtemps, par économie, remplacé les figurante par de grossières toiles peintes ^ ? mais voyons dans ce boniment un indice de ce que le public cherchait au théâtre et ^e ce querles acteurs s'efforçaient de lui donner.

Il est facile de comprendre quelles obligations résultaient pour l'auteur dramatique de ces habitudes et de ces goûts du public. A moins qu'il n'eût un de ces génies qui triomphent de tous les obstacles et qui de vive force imposent au public leurs conceptions propres, tout genre de drame simple, sévère, s'adressant à l'âme plutôt qu'aux yeux, et à la raison plutôt qu'à la curiosité, lui était à peu près interdit ; ce qu'on lui demandait avant tout, c'était du mouvement et de la variété, a La plus grande part de ceux qui portent le teston à l'Hôtel de Bourgogne, disait Rayssiguier*, veulent que l'on contente leurs yeux par la diversité et le changement de la scène du théâtre, et que le grand nombre des accidents et aventures extraordinaires leur ôtent la connaissance du sujet. Ainsi ceux qui veulent faire le profit et l'avantage des messieurs qui récitent leurs vers, sont obligés d'écrire sans observer aucune

1. L'Ouverture des jours gras, i634 ; dans Éd. Fournier, Variétés..., t. II, p. 349.

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