I LA MISE EN SCÈNE ET L*ART DRAMATIQUE
I une fiction, quelle apparence, pour suivre je ne sais quelle
r chorographie, de donner un soufflet à Thistoire, d'attri-
} buer à un pays des princes imaginaires, et d'en rapporter
f des aventures qui ne se lisent point dans les chroniques
de leur royaume P Ma scène est donc en un château d'un
roi, proche d'une forêt ; je n'en détermine ni la province
ni le royaume ; où vous l'aurez une fois placée, elle s'y
tiendrai »
La critique de d'Aubignac, de Sainte-Beuve et de Jarry
ne porte donc pas contre le théâtre de i63o ; nous pourrions
même ajouter qu'elle se retourne contre le théâtre classique.
Chose curieuse, en effet, on a presque retrouvé, pour
critiquer la tragédie française, les termes qu'employait
d'Aubignac contre le drame : « De toute façon, le lieu de
la scène est souvent désigné d'une manière si indécise et
si contradictoire, qu'un écrivain allemand (J oh. -Elias
Schlegel) a dit, avec beaucoup de justesse, que dans la
plupart des pièces on pourrait substituer à l'indication
ordinaire ces mots plus simples : la scène est sur le
théâtre*. »