‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 133 sur 140 · TRAITÉ DE LA DISPOSITION DU POEME DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE LA DISPOSITION DU POEME DRAMATIQUE

Li*auteur du Traité ajoute (p. 372) : « Il me suffit c[ue les pièces que j'ai faites... parviennent es mains de ceux que j'honore et que je chéris » ; et l'auteur de Pantkée, quand il publie sa pièce, annonce qu'elle était depuis longtemps entre les mains du prince Liouis de Savoie, auquel il la dédie. — Ainsi Pantkée^ parce qu'elle avait paru en 1689. paraissait donner' un démenti aux déclarations du Traité ; elle les confirme, au contraire, puisque la pièce n'a pas été jouée et que, d'après son auteur, elle était antérieure même à la Panthée de Tristan, jouée en i636. — Panthée, pièce irrégulière et folle (voy. Alex, Hardy ^ p. 3oa- 3o3}, venant à la suite des Travaux d* Ulysse et à*Agaritey dont les décorations étaient déjà les plus compliquées et les plus hardies que décrive le mémoire de Mahelot (voy. ci-dessus le chapitre vi, p. 35a et a48). nous fait comprendre les résistances que l auteur du Traité a trouvée chez les comédiens, les modifications qu'ils se sont permis d'apporter dans ses œuvres, et l'exagération irritée avec laquelle il parle de « l'ignorance des feinteurs et décorateurs » et de « l'avarice des comédiens » {Traité, p. 278 et a68).

Que faudrait-il donc, si l'on admettait que le Traité est de

Durval, répondre aux objections que j'ai formulées moi-même ?

Ceci sans doute. Déjà victime, pour ses pièces représentées, des

exigences — fort naturelles, vraiment — des comédiens de

l'Hôtel de Bourgogne, Durval s est révolté devant des exigences

plus fortes ; ou peut-être a-t-il été éconduit par eux ; et, sûr

d'être plus mal accueilli encore par Mondory, il a dit adieu au

théâtre, en versant ses rancunes dans le Traité, déjà composé ou

qu'il composait alors, de la disposition du poème dramatique.

Ce n'est pas par crainte d'afficher ses théories, mais pour ne pas

quelles tenant sa partie te fera voir comme, alors que je me suis diverti à cette belle science, j'ai séparément traité la tragédie, la tragi comédie, la pastorale et la comédie, les unes dans la prétendue règle de vingt quatre heures, comme poèmes simples, et les autres hors de la même règle, comme poèmes composés. C'est tout ce que mon loisir m'a permis de contribuer à la scène française, qui ne peut avoir que les quatre faces que je te montre. » Agarite, tragicomédie dédiée à Madame la Duchesse de Nemours, par le sieur Durval. A Paris, ches François Targa... MDCXxXVI. Avec Privilège du Uoy, in-8.

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