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5. Voy. les divers changements subis par la troupe de Molière
3o LE THÉÂTRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE
coupe tout à coup en deux tronçons la troupe du Roman comique ^ . Ainsi le poète voyait varier sans cesse le nombre de ses interprètes et remaniait ses pièces en conséquence ; la chose ne pouvait être toujours facile. Si, dans une troupe « aussi complète que celle du prince d'Orange, ou de Son Altesse d'Épernon », on voyait « la Caverne représenter les reines et les mères et jouer à la farce *, pendant que la Rancune était le surveillant du portier, jouait les rôles de confidents, ambassadeurs et recors, quand il fallait accompagner un roi, assassiner quelqu'un ou donner bataille..., chantait ufte méchante taille aux trios et se farinait à la farce ^ », quelle ingéniosité ne fallait-il pas montrer, quand la troupe, avec six comédiens, dont deux improvisés, jouait une pièce comme Bradamante, qui renferme douze rôles d'homme sans compter les ambassadeurs * ; ou, mieux encore, quand elle ne comprenait que trois acteurs, comme celle de Destin à son entrée au Mans, et jouait néanmoins une tragédie importante °. S'ils n'avaient pas de gpètes, les acteurs eux-mêmes se chargeaient de retailler à leur mesure, et tant bien que mal, les pièces qu'ils devaient jouer : la Rancune en faisait bien d'autres, lui qui se chargeait de jouer des pièces tout seul * ! Mais si un poète accompagnait la troupe, on profitait évidemment de sa présence; et il s'acquittait de la tâche,
pendant ses pérégrinations, soit dans une biographie de Molière, soit dans Chardon, Tr. du H. c, p. 29.