‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 23 sur 140 · I . Quelle année ? Aucun document ne nous le dit · texte numérisé non relu

I . Quelle année ? Aucun document ne nous le dit

} Ligue supprima les représentations, ou, comme dit la

I Satyre Ménippée, « défendit les jeux de Bourgogne *. »

f\ Jysqu*en ibgb, aucun document ne fait plus mention des

/ I comédiens français.

I Mais, à cette date, l'entrée d'Henri IV à Paris avait

l ' sans doute rendu le courage aux confrères ; ils étaient

\ remontés sur leur scène, et veillaient avec un soin jaloux

r à ce que leurs privilèges fussent respectés. Leur mécon-

[ tentement fut donc grand, quand une troupe ambulante,

; dirigée par Jehan Courtin et Nicolas Poteau (ou Potrau),

! se mit à donner des représentations fort courues à la foire

Saint-Germain *. Ils essayèrent de faire fermer leur ^ théâtre : le public prit parti pour les acteurs forains, et le

1 Ghâtelet, ayant égard aux règlements particuliers et tra-

ditionnels des foires Saint-Germain et Saint-Laurent, leur permit le 9 mai iSqC « déjouer et représenter mystères profanes, licites et honnêtes, sans offenser ou injurier aucunes personnes, es faubourgs de Paris et pendant le temps de la foire Saint-Germain », à condition de payer pour chaque journée de représentation « deux écus soleil au profit de la confrérie ». D'autre part, défense était

1 . « On défendit les jeux de Bourgogne et les quilles de M. Jean Bozeau... » Et les auteurs ajoutent,* avec une cruelle ironie: « Ainsi fut avisé de convertir l'Hôtel de Bourgogne en un collège de jésuites, qui avaient besoin de récréation, pour la grande quantité de sang dont ils étaient boursouflés, et leur fallait un chirurgien pour les phlébotomiser. » Satyre Ménippée, p. 296 (épilogue). — Éd. Fournier dit qu'en supprimant le théâtre des confrères, la Ligue « favorisait celui des comédiens espagnols qui jouaient alors à Paris sans beaucoup de succès » ; mais la seule preuve qu'il donne de la présence d*Ëspagnols à Paris sous la Ligue, c'est qu* « ils y étaient encore au mois d'août i6o4 » d'après l'Ëstoiie (voy. plus bas, p. 5o, n. 3). Or, TËstoile ne dit pas — et il est parfaitement invraisemblable — que cette troupe fut à Paris depuis si longtemps. (^La farce et la chanson au théâtre avant 1660, p. lix.)

2. Voy. Ém. Gampardon, les Spectacles de la foire j introduction, p. VIII à XI.

LES THÉÂTRES DE PARIS DE lbl\S A l635 ^5

faite à toutes personnes, quelle que fût leur condition, « de faire aucunes insolences en ladite maison et Hôtel de Bourgogne lorsque Ton y représentera quelques jeux, ni jeter des pierres, poudres et autres choses qui puissent émouvoir le peuple à sédition, en peine de prison et de punition corporelle. »

Les confrères étaient battus et le reconnurent ; ils s*abaissèrent jusqu'à passer avec leurs vainqueurs un marché, pour les obliger, sans doute à l'issue de la foire, à venir représenter « jeux et farces à l'Hôtel de Bourgogne » ; et ce furent les forains qui rechignèrent ^

La confrérie avait passé par une crise dangereuse et qui s'était mal terminée. Les troupes de campagne savaient maintenant comment on pouvait faire brèche à ses privilèges, et la foire suivante dut lui susciter les mêmes difficultés. Le 13 avril 1597, il fallut que le prévôt de Paris permît « de faire publier à son de trompe, même afficher, tant au dehors que dedans et contre les portes dudit Hôtel de Bourgogne, les défenses à toutes personnes de faire aucunes séditions ni empêcher les représentations des comédiens dudit Hôtel. »

La confrérie d'ailleurs ne s'endormait pas. A la même date, elle obtenait la permission « de faire comédies les jours ouvrables » ; et le même mois, elle obtenait des « Lettres de Henri IV, confirmativôs des privilèges de la confrérie* ». Le roi, plein de bienveillance, permettait même de jouer a les mystères de la Passion et Résurrection de Notre-Seigneiu:, des Saints et Saintes..., ensemble \^ autres jeux honnêtes et récréatifs ». Mais le Parlement fut moins aimable. Il se référa à son arrêt du 17 novem- ■

I. « 1696, II décembre. — Signification faite à la requête desdits maîtres à Nicolas Potrau et ses compagnons, comédiens français... » Eud. Soulié. p. i53.

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