‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 22 sur 140 · Du 6 octobre i584. Fr. Parfait, t. III, p. 236, n · texte numérisé non relu

Du 6 octobre i584. Fr. Parfait, t. III, p. 236, n

4a LE THÉATUB FRANÇAIS AVANT LA PBRIQpflÇ CLASSIQUE

frères Parfait citent un arrêtjpHétf' contre elles par le Parlement * . ^.,. m^"^

Cependant-, -srtf le théâtre de Thôtel de Bourgogne, les confrères avaient repris leurs représentations ; et il semble même qu'ils fussent revenus hardiment à leurs mystères et à leurs parodies plus ou moins pieuses des 'livres saints. Le moment était mal choisi, puisque la Ligue devenait toute puissante ; d*ardentes dénonciations se firent entendre, et nous en pouvons lire une dans les fameuses Remontrances très humbles au roi de France et de Pologne, qui datent de cette même année i588 ^. L'auteur y proteste contre toutes les représentations théâtrales, maiâ en veut surtout à la confrérie :

« Il y a un autre grand mal, dit-il, qui se commet et tolère en votre bonne ville de Paris, aux jours de dimanches et de fêtes ; ce sont les jeux et spectacles publics qui se font lesdits jours de fêtes et dimanches, tant par des étrangers Italiens que par des Français, et, par-dessus tous, ceux qui se font en une cloaque et maison de Satan, nommée THôtel de Bourgogne, par ceux qui abusivement se disent les confrères de la Passion de J.-C... Sur Téchafaud Ton y dresse des autels chargés de croix et ornements ecclésiastiques, l'on y représente des prêtres revêtus de surplis, même aux farces impudiques pour

I. Du lo décembre. Voy. Fr. Parfait, t. III, p. 387, et, cidessous, l'extrait des Remontrances à Henri III.

3. Remonstrances très-humbles au roy de France et de Pologne, Henry troisiesme de ce nom, par un sien fidelle officier et subjecf sur les desordres et misères de ce royaume, causes d'icelles et moyens à y pourvoir à la gloire de Dieu et repos universel de cet estât, i588, in-8. Attribuées par Palma Cayet et, après lui. par la grande majorité des bibliographes, à Nie. Rolland, conseiller à la Cour des monnaies de Paris, par quelques autres à Pierre d'Espinac, archevêque de Lyon. Notre citation est faite d'après les frères Parfait, t. III, p. s 38 n. et Fr. Godefroy, Hist. de la litt. /r., t. I, p. 3oo-i.

LES THI^.ATRES DE PARIS DE t5^8 A t635 ^3

faire mariages de risées. L'on y lit le texte de FÉvangile en chant ecclésiastique» pour (par occasion) y rencontrer un mot à plaisir qui sert au jeu. Et au surplus, il n*y «a farce qui ne soit orde, sale et vilaine, au scandale de la jeunesse qui y assiste, laquelle^ avale à long trait ce venin et ce poison, qui se couve en sa poitrine, et en peu de temps opère les effets que chacun sait et voit trop fréquemment.

a Par ce moyen Dieu est grandement /offensé, tant en ladite transgression des fêtes que par les susdits blasphèmes, jeux et impudicités qui s'y conimettent. D'avantage Dieu y est courroucé en l'abus et profanation des choses saintes dont ils se servent, et le public intéressé par la débauche et jeux des artisans. Joint que telle impiété est entretenue des deniers d'une confrérie, qui devraient être employés à la nourriture des pauvres, principalement en ees temps esquels il fait si cher vivre, et esquels plusieurs meurent de faim.

a Or, Sire, toute cette ordure est maintenue par vous : car vous leur avez donné vos lettres de permission pour continuer cet abus commencé devant votre règne ; vous avez mandé à votre Cour de Parlement et Prévôt de Paris de les faire jouir du cpntenu en vos lettres, ce qu'ils ont très bien exécuté, ayant maintenu un tel abus contre Dieu et la défense des pasteurs ecclésiastiques, et nonobstant la clameur universelle de tous les prédicateurs d% Paris, lesquels continuent encore journellement à s'en plaindre, mais en vain, n'ayant pu pour tout obtenir sinon une défense de jouer durant une année ' pour recommencer au bout de l'an plus que devant. »

La clameur des prédicateurs et les remontrances des catholiques eurent plus d'influence en i588 sur la Ligue qu'elles n'en avaient eu précédemment sur le roi. La

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