‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 29 sur 140 · I. Eud. Soulié, p. i · texte numérisé non relu

I. Eud. Soulié, p. i

a. A. Baschet, les Com, ital., p. i43. h* Inventaire n'en parle pas, mais le bail passé par Andreini est certainement le premier des trois que SouUé n'a point datés.

3. Eud. Soulié. p i54- La Vallée et sa troupe se trouvaient à Orléans près d'un an auparavant (voy. ci-dessous, ch. iv, p. i33)i - — D'ailleurs, les comédiens de toute nationalité n'ont pas manqué à Paris en i6o4- Des Anglais jouent devant la cour, dans la grande salie neuve de Fontainebleau, et le dauphin Louis, qui entrait dans sa quatrième année, leur voit représenter une tragédie le i8 septembre (voy. le Journal du médecin Uéroard, et l Intermédiaire des chercheurs et des curieux, t. I, p. 85). — Le a août, TEstoîle parle d une comédienne espagnole assassinée par deux Espagnols, comédiens aussi (éd Michaud et Poujoulat. p. 378). Sur quoi. Éd. Fournier est tenté de croire que ces Espagnols faisaient partie de la troupe de l'Italien Ganassa, qui « devait se trouver à Paris à cette date. C'est, en effet, un an après, en i6o5, que Yauquelin de la Fresnaye, parlant dans sa satire à Claude de Sanzé des farceurs qui ont fait le plus do bruit dans ces derniers temps, cite :

Le boa Ganasse et les comédiens De Tabarin^.. »

(^L'Espagne et ses comédiens en Fr. au xvii» 5., p. 406); mais

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Qud a été son succès ? Nous ne saYons. mais son séjour ne s'est pas prolongé longtemps. En 1607, Thomas Poirier a quitté l'Hôtel, et Yalleran l'a remplacé. Aucun bail nouveau, il est vrai, n'est p<»ié pour cette année à Vlnventaire^ mais quatre baux faits à Yalleran LeccMnte, et dont le dernier est du 3o septembre i6a8, sont inscrits en bloc à cette dernière date : le premier doit être celui que nous cherchons.

Au mois de mai 1607, Yalleran est à l'Hôtel de Bourgogne, quelques lignes de l'flstoile nous l'attestent; et, le a 6 janvier précédent, une troupe estimable, qui devait être la sienne, avait joué devant le roi une farce que le même l'Estoile analyse dans son journal '•

la satire de Vauquelin, publiée en i6o5, était de lédaction très antérieure, et rien ne fait sapposer que Ganassa se toit montré à Paris après 1674 (Yoy. Bascnet, p. 49)- Il s'agit bien plut6t d'une troupe spéciale d'Espagnols.

I. Les deux passages sont curieux. Voici le premier (dernier de mai 1607) * ^ Duret, le général, ayant fait porter parole, en ce temps, à un secrétaire d'État de cinquante mille écus, au cas qu'il se voulût défaire de son office entre ses mains, est renvoyé à Yalleran, bouffon de l'Hôtel de Bourgogne, avec lequel Tautre lui dit qu'il était en propos. » — Le second a été souvent cité : a Le vendredi a 6 de ce mois (janvier 1607), fut jouée à l'Hôtel de Bourgogne, à Paris, une plaisante farce, à laquelle assistèrent le roi, la reine et la plupart des princes, seigneurs et dames de la cour. C'étaient un mari et une femme qui se querellaient ensemble... Chacun disait que de longtemps on n'avait vu à Paris farce plus plaisante, mieux jouée, ni d'une plus gentille invention, mêmement à l'Hôtel de Bourgogne, où ils sont assez bons coutumiers de ne jouer chose qui vaille. » — • Dans un procès intenté en 1627 par Laffemas à Marie Venier, Buffequin, « feinteur et artificieur des comédiens », déposait « qu'il y a environ vingt ans, il aurait vu jouer des tragédies au Saboi-d'Or, rue Saint- Antoine, par Laffemas, lors de la compagnie de Yalleran, et dudit Sabot ils seraient venus au petit Hôtel de Bourg<^e. » Voy. Tallemant, t. V, p. 7a, comment, de P. Paris. — Ce texte concorde parfaitement avec notre récit. Pourquoi Buffequin dit-il : le petit Hôtel de Bourgogne ? Je ne sab ; mais il ne peut s'agir que du théâtre àé& confrères.

5â LE THÉA.TRË FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUE

Ainsi Yalleran obtenait du succès, lorsqu'un dissentiment se produisit entre lui et son principal camarade, Mathieu le Febvre, dit Laporte ; et Laporte quitta THôtel vers la fin de 1607 *. Le a6 janvier suivant, nous trouvons le procès-verbal rédigé par M* Poussepin, conseiller au Ghâtelet de Paris, d'une comparution faite par les maîtres et Mathieu le Febvre, dit Laporte, « touchant les différends qu'ils avaient ensemble à cause de ladite grande salle dudit Hôtel de Bourgogne, que ledit Laporte avait occupée comme associé avec Valleran Lecomte • . » Laporte seul, on le voit, est ici en cause, et Valleran reste à THôtel de Bourgogne. Nous en trouvons la preuve dans l'arrêt du Parlement qui, le 19 juillet 1608, met fin à une longue querelle entre la confrérie et le prince des Sots'. Valleran Lecomte, qui semble n'avoir pas paru dans les phases antérieures de la querelle, venait de se mettre du côté des confrères, ,ainsi qu'un sieur Jacques Resneau, qui était sans doute un de ses compagnons. L'arrêt ne s'occupe que des maîtres et du prince de la Sottise, et met Valleran et Resneau a hors de cour et de procès, sans dépens*.

I. Le 9 septembre, Laporte était à Bourges (voy. ci-dessus, chap. I, p. 33). Sa séparation d*avec Valleran était sans doute accomplie, à moins qu'on ne suppose qu'il se trouvait à Bourges avec la troupe même de l'Hôtel de Bourgogne, en train de faire une excursion en province. Dans tous les cas, il faut admettre que Valleran et Laporte étaient arrivés ensemble à l'Hôtel, en rempia* cément de Thomas Poirier ; il n'est pas vraisemblable que Laporte ne se fût réuni à Valleran qu'après le mois de septembre, et s'en fût déjà séparé avant le mois de janvier suivant. Voy. d'ailleurs la note précédente sur le procès intenté à Marie Venier, femme Laporte, par Laflemas.

a. £ud. Soulié, p. z55.

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