‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 30 sur 140 · Voy. les fr. Parfait, t. III, p. a5a · texte numérisé non relu

Voy. les fr. Parfait, t. III, p. a5a

4. Voir sur cette querelle Ad. Fabre (^Les Clercs du Palais. ..^ p. a64-9) ou Petit de Julleville (^Les com. en Fr. au m. âge, p. 187-igo). Mais ces auteurs, si consciencieux et si bien informés,

LES THÉÂTRES DE PARIS DE l548 A l635 53

Ainsi Yalleran dirigeait la troupe française de l*Hôtel de Bourgogne en 1608 ; la même année, la troupe italienne des Accesiy dirigée par Pier Maria Cecchini, dit Fritellino, joue sur le même théâtre pendant quelques* mois*.

Nous voici enfin arrivés au temps où moins de changements se produisent à THôtel de Bourgogne, et où une troupe française, qu'on peut dire stahle, y est instaUée. C'est la troupe même de Valleran. Mouhy, il est vrai, et hien d'autres après lui , ont dit que Yalleran était passé définitivement au Marais en 1608 ^ ; mais Yalleran était encore à l'Hôtel en 1612, comme le prouve une mention du Voyage de maître Guillaume en Vautre monde vers Henri le Grand ^ ; et en 1628, au 3o septembre,* Vlnven-

se trompent sur le nom et la qualité de Valleran Lecomte : « Les maîtres de la confrérie de la Passion, qui étaient alors Valérien Lecomte et Jacques Resneau, interviennent dans la cause, ainsi que les administrateurs de l'Hôtel de Bourgogne. » (Ad. Fabre, p. 367 ; cf. Petit de Julieville, p. 187.) M. Fabre n'a pas vu que les maîtres delà confrérie de la Passion étaient les mêmes personnes que les administrateurs de l'Hôtel de Bourgogne ; que Lecomte et Resneau, au contraire, en étaient tout à fait distincts. Tandis que les maîtres et administrateurs sont sévèrement condamnés, la Cour met Valleran Lecomte et Resneau « hors de cour et de procès, sans dépens ». — Quanta l'erreur de nom. elle provient de Félibien, t. V, p. 44, qui appelle les deux comédiens, tantôt Valérien le Comte et Jacques Resneau ^ tantôt Valleran et Rameau, Les fr. Parfait ont rétabli partout les formes Valleran Le Comte et Resneau (t. IH, p. a52-5).

I. Venue à Paris en février pour lé baptême de Louis XIH, elle repart au mois d'octobre. A. Baschet. p. 167, a retrouvé la minute du bail, qui est du 7 février 1608. Ce doit être le deuxième des baux non datés par Soulié. — Voj. le Journal de Jean Héroard^ aux mois de juillet et août 1608.

a. De Mouhy, Abrégé, t. U, p. 48 1. Les fr. Parfait admettent ce passage sans en préciser la date, t. III, p. 58o.

o. Cet opuscule est de 161 a. On y parle, p. 6a, de femmes qui

taire mentionne le dernier de quatre baux faits par les confrères à Valleran Lecomte et à ses compagnons, ce qui suppose un temps assez long passé à rHôtel. Est-ce à dire que Valleran n'ait jamais quitté l'Hôtel de Bourgogne ? Non, sans doute, et nous espérons montrer le contraire bientôt ; mais c'en est assez pour faire croire qu'il n'en est pas resté longtemps éloigné.

Sur quoi d'ailleurs s'appuie l'opinion contraire ? uniquement sur quelques lignes de l'abbé de MaroUes. qui se rapportent à l'année 1616 ^ : « La comédie, où on nous

babillent « comme personnes qui se vont désennuyer k l'hôtel de Bourgogne pour voir jouer les bateleurs de Valleran et de Laporte.» (Cité par Monraerqué et P^ris, dans Tallemant. t. VII, p. 179.)

Le samedi 7 février 1609, le dauphin Louis avait été mené pour la première fois à l'Hôtel de Bourgogne (Journal d'Héroard, 1. 1, p. 08a), et A. Baschet remarque que, les Accesi n'étant plus à Paris, c'est aux comédiens français qu'avait certainement été faite cette visite. (J^e Roi chez la Reine ou Histoire secrète du mariage de Louis XIII et d'Anne d'Autriche. a« éd. Paris, Pion, 1876, in-8, p. 267.) Mais cette assertion renferme une part d'erreur et une part de vérité, comme le peut prouver une citation complète d*Héroard : — 1609, 7 février, samedi. « A cinq heures, mené à Thôtel de Bourgogne, à la comédie ; ce fut la première fois. Ramené à six heures et demie, il en récite beaucoup devant Leurs Majestés, >x t. I, p. 38a. — 8 février, dimanche, ce A trois heures trois quarts, mené à l'hôtel de Bourgogne ; il se met à rire avec éclat et dit : Mousseu de Souvré, je ris ainsi, afin qu'on pense t/ue j'entends l'italien. Ramené à six heures et demie. » t. I, p. 38S. — l^ février, samedi. « A quatre heures, mené à l'hôtel de Bourgogne, ramené à huit heures, tout morfondu de froid. » t. I, p. 384. — N'est-il pas évident que, le 7 février, le dauphin a vu jouer des pièces françaises, puisqu'il « en récite beaucoup devant Leurs Majestés », mais que, le 8, il a vu jouer des pièces italiennes, puisqu'il s'est mis à rire afin de faire croire qu'il entendait l'italien ? H y avait donc à l'Hôtel une troupe italienne, dont les représentations alternaient avec celles de Valleran. Ou c'est une troupe inconnue, qui n a pas laissé d'autres traces de son passage, ou bien les Accesi sont partis plus tard que ne l'avait supposé, avec beaucoup de vraisemblance pourtant, Armand Baschet.

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