I. Félibien, t. 11, p. loaS ; Delamare, Traité de la police
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LES THEATRES DE PARIS DE l548 A l635 6l
confrérie « par les feus Rois prédécesseurs » de Louis XIII, et portent défenses expresses « à tous joueurs, comédiens ou autres, de jouer ni représenter dans la ville de Paris, faubourgs et banlieue d'icelle, aucuns jeux ailleurs qu'en ladite salle de la Passion, dite FHôtel de Bourgogne, sinon sous le nom et congé de ladite confrérie et au profit d*icelle ». Elles disent même, avec plus de netteté, au sujet des privilèges des confrères, que ceux-ci en a ont toujours bien et dûment joui et usé, jouissent et usent encore à présent ^. » Ne suffit-il pas d'ailleurs de jeter un coup d*œil sur Thistoire delà confrérie, même après i6i!i, pour voir que ses privilèges n'ont subi aucune atteinte P Us sont mentionnés expressément dans des pièces de 163 1 et de 1627, et, en i6ag, les comédiens Royaux recommencent contre eux. et avec plus d'acharnement, leur lutte de 1612 et de i6i4 ^•
Donc, pas de second théâtre légalement installé en 16 10, ni à aucune autre date antérieure à 1629 ; et l'on sait qu'en 1629, avant la représentation de Mélite, il n'y avait à Paris qu'une seule troupe ; Corneille l'a dit en termes formels^. Ce qu'on a pris pour un « théâtre du Marais », c'est tout bonnement les asiles provisoires — et nulle-
1. Recueil des principaux tiltres, p. 5a et 5i ; Eud. Soulié, p. i56.
a. Dans notre Esquisse, nous disions qu'en 1619 la Confrérie avait fait défendre par le Parlement aux habitants de Soissona « de plus élire un prince de la jeunesse », et nous renvoyions & Eudore Soulié. p. 157 et 160-161. Nous avons depuis examiné aux Archives Nationales (or, 54o3) la pièce visée par Soulié : il s'y agit simplement de désordres causés par l'élection d'un prince de la jeunesse, et dont les présidiaux de Soissons avaient voulu empêcher le retour. Les confrères ne sont nullement visés dans ce document, et il n'aurait pas dû être mentionné dans un inventaire des titres et papiers de l'Bdtel de Bourgogne. ^ 3. Dans V Examen de Milite, Voy. le Corneille des Grands Écrivains t t. I, p. i38.
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ment placés au Marais ^ — de troupes qui ne voulaient pas aller chez les confrères, mais que ceux-ci savaient bien forcer à y venir ou à leur payer une redevance.
Cherchons encore quelles troupes ont passé à Paris, où elles se sont établies et pendant quel temps.
En 1610, Claude Husson, dit Longueval, et autres comédiens jouant au faubourg Saint-Germain-des-Prés, sont condamnés à payer aux maîtres soixante sols par jour de représentation, en appellent au bailli de Saint-Germain et ne réussissent qu'à se faire condamner plus sévèrement par le Chàtelet. Défense leur est faite « de plus représenter aucunes comédies sans le consentement » des maîtres *, Ils quittent sans doute Paris pour la province.
En 161 3, le a4 novembre, la troupe italienne d'Arlequin inaugure ses représentations à THôtel de Bourgogne'; un nouveau bail lui est fait le 4 avril .i6i4f 6t elle quitte Paris en juillet de la même année.
C'est une troupe française qui la remplace à l'Hôtel,
I . L'Hôtel d'Argent était placé : selon les uns, au coin de la rue de la Poterie près de la Grève (Fr. Parfait, t. III, p. a44. n. 6 ; £. Despois, Le théâtre français sous Louis XIV y p. 11); selon les autres, au coin des rues de la Verrerie et de la Poterie (Foumel, Contemp. de Molière^ t. III, p. viii). Dans le premier cas, il faisait partie du quartier de la Grève, et dans le second; il était sur les confins du quartier de la Grève et du quartier Saint- Martin.
« L'Hôtel d'Argent », dit Sauvai, « dont il reste un vieux corps de logis ; tout y est néanmoins si diangé, qu'outre que cet hôtel a été partagé en plusieurs maisons séparées, ce qui restait de vide fut couvert d'autres logis occupés et rebâtis depuis par des parlîculiers. » C'est dans un de ces logis que devait représenter Laporte. (Voy. Sauvai, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, t. II, p. lig.)
a. Eud. SouUé, aux 10 mars, a4 mars et a7 octobre 1610, p. i55.
3. A. Baschet, les Comédiens ital,, p. a 46. Il faut placer à cette date le dernier des trois baux non datés par Soolié. Ainsi les cinq baux signalés p. ig» n. a, sont d'avril lÔQQ, décembre i6o3, février 160^, nov^mbrd i6ï3 6t avril i&i4.
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celle de Claude Husson, dit Longueval, qui s'est décidée à revenir à Paris et reiion<5e à lutter contre les confrères. Elle porte maintenant le titre de troupe des c oomédims ordinaires de Monsieur le Prince », et c'est noble homme Mathieu de Roger, sieur de Ghampluisant, q[ui passe un hail pour elle ^. Il y a maintenant deux troupes françaises à l'Hôtel, mais cette situation ne dure pas. Nohie homme Mathieu de Roger abandonne ses prot^és^, qui ijuittent leur théâtre le a a novembre, non sans laisser une dette de I 4oo livres, pour laquelle a Husson dit Longueval, Nicolas Gastrau et autres, leurs associés », sont condamnés par le Châtelet '. Les temps étaient durs pour les confrères: