‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 58 sur 140 · LE RÉPEUTOIRE DE L*HOTEL DE BOURGOGNE II · texte numérisé non relu

LE RÉPEUTOIRE DE L*HOTEL DE BOURGOGNE II

Il faut donc se demander à nouveau si le xvi® siècle a pu voir les pièces classiques jouées sur un théâtre populaire.

La comédie nous fournira peu de données, parce qu'elle ne se distingue pas suffisamment de la farce. Par un style | un peu plus soigné, par la division en actes, par l'ampleur du développement et la suite de Tintrigue, il est vrai que V Eugène et la Trésorier e justifiaient en quelque^ façon les prétentions de leurs auteurs et se rapprochaient de la comédie antique * . Mais, quoiqu'en pussent penser Jodelle ou Grévin, par le ton, par Tesprit, par la licence du fond et de la forme, ces œuvres ne laissaient pas de convenir aussi au théâtre des Pois-Pilés^. D'ailleurs, la farce même, théoriquement proscrite par les nouveaux poètes, était, dans la pratique, acceptée par eux et leur attirait des spectateurs, même dans les collèges. La Tré^ ^orière et les Ébahis furent joués « après les jeux satiriques appelés communément les veaux », et les veaux « n'étaient autre chose qu'une façon de sottie, grossière et brève, analogue à ce que fut plus tard la parade* ». Puisque les représentations comiques des Ronsardisants ressemblaient à celles des acteurs publics, il serait difficile de montrer que ces acteurs n'ont pu servir à les don-

I. Voy. P. Toldo, la Comédie franc, de la Renaissance, dans R. hist. liit. Fr., notamment i5 juillet 1897, p. 889 et suiv. Cf. Rigal, le Théâtre de la Renaissance.

a. Nom donné au théâtre des Confrères, et dont Tétymologie est incertaine. Voy. Petit de Julleville, les Comédiens, p. 63 et 98.

. 3. Petit de Julleville, les Comédiens, ip. 317. Cf. les fr. Parfait, t. Ill, p. 3ii et 333.

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ie se joue Delaudon

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qu'ils a sont toujours désagréables, en quelque quantité ou qualité qu'ils paraissent * » , les chœurs ont souvent plus d'étendue que les actes mêmes qu'ils terminent, et deviennent la partie la plus remarquable, la plus brillante de la pièce. Parlerons-nous de l'érudition, des noms et des souvenirs mythologiques dont le style est farci 1^ Étaient-ce là des œuvres qui pussent plaire au public turbulent et grossier des théâtres populaires ? Lui étaientelles destinées ? Un historien de Garnier dit non et doit être cru 2; M. Faguet répond oui^, mais son témoignage ne peut être accepté, puisqu'il ne paraît guère s'appuyer que sur les assertions de Mouhy, dont la valeur historique nous est connue.

Essayons de prouver à notre tour que ces pièces n'étaient pas faites pour la représentation publique.

Syr quel théâtre public pouvaient être jouées les tragédies nouvelles ?

Faut-il songer à la table de marbre où représentaient f les Basochiens? Il est vrai que, le 12 et le 20 juin i582, 1 ^^^ le Parlement permettait aux clercs de représenter églo- I ^ "^ gués, tragédies et comédies *. Mais ce n'est pas là une preuve certaine que les Basochiens aient joué des pièces classiques : on trouve peu d'ouvrages dramatiques qui n'aient porté le nom de tragédie au xvi® siècle, et Jean de la Taille

1. Fr. Ogier, préface de Tyr et Sidon, dAnsV Ancien Théâtre français, t. Vlll, p. i5.

2. Bernage, Etude sur Robert Garâier, Paris, Delalain, 1880, in-8, p. 18.

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