La Trag^franç., p. 262 et 24o-24i ; mais cf. p. 3i
4. Voy. Adolphe Fabre, les Clercs du Palais, p. i53, ou Petit de JuUeville, les Comédiens, p. i23.
se plaignait, dans le prologue de ses CorrivauXj qu*on accordât ce beau titre à des ouvrages qui n'avaient rien de commun avec ceux des anciens*. La chose fût-elle sûre, d'ailleurs, qu'elle n'en serait pas moins exceptionnelle, les deux arrêts de 1682 étant les premiers et les derniers qui fassent mention de tragédies données par des clercs.
Songerons-nous aux troupes de campagne qui s'installaient parfois à Paris P Nous lisons en effet dans tous les historiens du théâtre qu'en i584 une troupe de comédiens, après avoir joué dans les provinces le répertoire des tragiques de la Pléiade, vint en donner des représentations à l'Hôtel de Gluny ; certains ajoutent même qu'elle y obtint un grand succès^. Gela se peut, quoique rien ne prouve ni le succès de ces comédiens, ni même leur nationalité française, et qu'aucun document ne nous renseigne sur la nature de leurs représentations ^ ; mais ils ne représentèrent que quelques jours et ne purent jouer beaucoup de tragédies. Après eux, la première troupe française que nous voyons s'installer à Paris est celle de tourtin et Poteau en 1695. Cette date est bien tardive, et nous sayons, d'ailleurs, que le répertoire de Gourtin et Poteau se composait « de jeux et farces », ainsi que de « mystères prq-
1. « Si on m'allègue qu'on joue ordinairement assez de jeux qui ont ce nom de comédies ou tragédies, je leur redirai encore que ces beaux titres sont mal assortis à telles sottises, lesquelles ne retiennent rien de la façon ni du style des anciens. Au moyen de quoi, nous voudrions bien qu'on se désaccoutumât d'ouïr et de faire tels jeux et telles malplaisantes farces et moralités, qui sont de noire cru, et que cependant on prît la patience d'ouïr une comédie toute entière, naïve et faite à l'antique. » Jean de la Taille, t. IV, p. vu.
2. Ed. Fournier, la Farce et la Chanson, p. xlviij ; fr. Parfait, t. III, p. 335.
3. Les assertions qui ont été émises sur ce sujet ont été inspirées par le lieu où ces comédiens représentaient, # au cœur même du quartier des écoles » ; c'est là, en effet, une assez sérieuse présomption.