‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 67 sur 140 · I. Jal, p · texte numérisé non relu

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a. Jal, p. 470-473. — En 1610, le dauphin Louis assiste plusieurs fois à des représentations de marionnettes. Voy. Héroard, t. I, p. 4a3-

3. Au temps de Ghappuzeau. les comédiens fermaient le thé&tre aux fêtes solennelles et dans les deux semaines de la Passion. Ils se donnaient alors particulièrement « aux exercices pieux ». Voy. le livre III, de la Conduite des comédiens.

4. Sur le nombre de personnes que pouvaient contenir les théâtres au temps de Louis XIV, voy. une intéressante noted'Eug. Despois, le Th. fr. sous Louis XIV, p. 362-363 ; mais nous n'avons guère de données sur la capacité de THôtel de Bourgogne au début du siècle.

5. Du 12 novembre '(Delamare, Traité de la police, t. I, p. 4o4; Félibien, Histoire de la ville de Paris, t. Il, p. loaS).

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d'exiger plus de cinq sous au parterre et de dix aux loges et galeries ;«t ce tarif était encore en vigueur vers i6ao*. En i634) il semble avoir été de neuf ou dix sous pour le parterre, de dix-neuf ou vingt pour les loges*. On approchait ainsi peu à peu du prix que nous trouvons fixé dès i65a, celui de quinze sous pour le parterre.

Il est vrai que, dès 1609, les comédiens s'étaient montrés disposés à profiter de toutes les occasions pour augmenter sensiblement le prix des places, et c'avait été

I . Gomme le prouve la pièce, malheureusement sans date, mais qui ne peut guère être antérieure à i6ao, des Fantaisies plaisantes et facéties du chapeau à Tabarin. (Voy. ci-dessus^ p. 127, n. 4)

a. Plusieurs écrits, dont les dates vont de i63i à 1637, nomment le teston comme prix de la comédie à l'Hôtel de Bourgogne. YoY. Rayssiguier, avant-propos de VAminte du Tasse (dans Lotheissen, t. II. p. 90, n.); Testament de feu Gaultier Garguille^ 1 634 (dans /^f Chansons de Gaultier Garguille, p. 162) ; la Rencontre de Turlupin, i637(irf., p. 24i). Éd. Foumier écrit à propos d'un de ces passages : « Le teston n'avait plus cours depuis Henri III. Le mot est pris ici pour une pièce de monnaie quelconque. » (Chansons , p. 182 , n.) Mais, si on avait cessé sous Henri III de frapper de nouveaux testons, il en circulait certainement encore. D'ailleurs, il est facile de citer quelques passages {les Nouvelles et plaisantes imaginations de Bruscambille (de la Folie en général), p. 84 ; — Songe arrivé à un homme d'importance, p. 193 ; — Tabarin, p. 394-395), où le mot de teston ne peut s'entendre que d'une pièce de monnaie particulière, ayant une valeur précise. Quelle était donc cette valeur du teston ? Environ 19 sous, puisque, après avoir' valu 10 sous au temps de Louis XII, i5 au temps de Henri III, « lorsqu'il a cessé en France d'être reçu dans le commerce, il était monté à 19 sols 6 deniers, c'est-à-dire à peu près au tiers de l'écu de France ». (Traité des monnaies et de la jurisprudence de la Cour des monnaies, par Abot de Bazinghen, Paris, 1764» 2 vol. in-4> t. 11, p. 621.) Le prix du parterre ne pouvant être de 19 sous, je suppose que tel était celui des loges et que le parterre coûtait moitié moins. Un passage de Scudéry semble confirmer ce raisonnement. En i635, les comédiens de campagne de sa Comédie des comédiens exigent huit sous par place de leurs spectateurs, quand ils en trouvent. (A. I, se. v, p. 19.)

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là l'un des principaux motifs qui avaient dicté l'ordonnance de police du i a novembre : « Us exigent du peuple sommes excessives, étant nécessaire d'y pourvoir' et leur faire taxe modérée. . . Au cas qu'ils y aient quelques actes à représenter où il conviendra plus de frais, il y sera par Nous pourvu sur leur requête préalablement communiquée au procureur du roi. x> On a vu que la police avait, en effet, empêché les comédiens de rançonner les spectateurs et avaient y*ae*< une taxe fort modérée. — Il est vrai aussi que l'usage de jouer au double y c'est-à-dire de doubler le prix des places pendant les premières représentations 4* une pièce nouvelle paraît de plus de vingt ans antérieur au moment où il a été constaté par Despois, et qu'il est attesté par des textes de 1687 et de i634*. Du moins estil douteux, et que cette façon de procéder ait été inaugurée encore plus tôt, et qu'elle procurât à l'hôtel de Bourgogne des ressources fort importantes.

Somme toute, et les règlements de police aidant, les exigences des comédiens étaient modestes ; encore si tout le monde s'y était soumis ! Mais tout ce qui appartenait à la maison du roi s'arrogeait le droit d'entrer sans bourse délier, les mousquetaires faisaient de même, les laquais entraient gratis en suivant leurs maîtres, et quiconque

I. En 1687, l'ombre de Gaultier GarguîUe dit à Gros-Guillaume : « Si ces paroles que je te dis par la permission de Proserpine sont vues en public, fera aux sérieux qu'ils quitteront leurs plus pressantes affaires pour venir prendre place de bonne heure à l'Hôtel de Bourgogne et jouir du bien de te voir, tandis que rame te bat dans le corps, et au lieu de deux testons en donneront six. » (^Sonf^e arrivé à un homme d'importance, p. a 10) Pourquoi ce chiffre de deux testons ? Ne désigne-t-il pas le prix des loges et galeries, porté a if double? En i634» nous verrons Guillot-Gorju déclarer que les grands payent au double des loges (p. 182, n. i) : ne fait-il pas allusion à la même augmentation du prix des places ."^ Or, Despois ne l'avait constatée qu'en i658 dans le Th. fr.t p. 106, et en 1657 dans Molière, t. II, p. ia-i3.

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pouvaitr les imitait*. Écoutons les doléances de Bruscambille :

« Le trésorier de nos menus plaisirs ne sera quelquefois* payé à la porte que d'un branlement de tête, mêlé d'une gravité morfondue dans le cabinet de l'avarice, . . Quelque ignorant ignorantissime, filant sa moustache gauche et jetant nonchalamment ses yeux sur ce pauvre Cerbère ou Janitor, lui fera signe des doigts que sa qualité le fait passer sans flux. Un autre, un peu plus courtisan, payera d'un : a Mon ami, tu me prends sans vert, je te contenterai à Ja première vue » ; mais ce petit crédit lui défend l'entrée pour le jour suivant, si d'aventure quelqu'autre n'embrasse la recette, car en ce cas sa taquinerie lui permet d'y aller, à la charge de payer celui-ci de même monnaie, d'une révérence claustrale qu'il fera en passant. Bref, c'est proprement emplir nos bourses de vent. Je ne sais de quoi on doit entretenir ces gens-là qui nous font l'honneur de remplir le parterre de notre salle. Je proteste à tour de bras qu'ils méritent récompense, et qu'il est raisonnable qu'ils soient traités selon leur mérite*. »

I. Ghappuzeau dit encore qu'avant la déclaration royale du g janvier 1678 « la moitié du parterre était souvent remplie de gens incommodes ; il en entrait aux loges ; on voyait beaucoup de monde et fort peu d'argent ». (L. III, ch. xxiv, p. 166.)

a. Les Fantaisies de Bruscambille, p. 167-168 {autre pro' logue facétieux contre l'avarice). Voy. encore dans les Exer^ cices de ce temps ^ attribués à Gourval-Sonnet, la satire IX* (le Débauché), t. II, p. ioa-io3. Le débauché voulant être comédien, on le place à la porte :

A peine y suis-je mis qu'à rudes coups de poing Chacun frappe en entrant et ne m*épargne point. Car les plus fins, d'abord, s'aidaient de cette fourbe.

Afin que sans payer ils entrassent en tourbe

Lors tous mes compagnons viennent à mon secours,

De cette populace on arrête le cours ;

On met Tépée au poing, on frappe, on se retire ;

Le monde, s'émouvant, s'en éclate de rire

Moi, tout moulu de coups, aussi battu que plâtre, Je fais mon rendez-vous derrière le théâtre.

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Quant à la cour, nous savons qu'elle s*est transportée quelquefois à THôtel de Bourgogne, et que, plus souvent, elle en appelait à elle les comédiens * ; ceux-ci sans doute y gagnaient quelque chose, mais pas autant qu'on pourrait d'abord se l'imaginer. Henri IV n'était pas homme à donner beaucoup d'argent à des comédiens ; Louis XIII ne se prit d'affection pour l'Hôtel de Bourgogne qu'après que Richelieu fut devenu le protecteur du Marais ; Marie de Médicis et Anne d'Autriche ne s'intéressaient qu'aux

un certain nombre de représentations données chez M. de Luynes; mais Tétaient-elles par la troupe dç l'Hôtel de Bourgogne ou par des comédiens improvisés ? En i633 et i634) c'est Mondory qui joue chez M"^^ de Rambouillet et chez le duc de Puylaurens.

I. L'Ëstoile, au 26 janvier 1607. Voy. Tallemant, t. I, p. 38, pour une représentation du Gros Guillaume devant Henri IV. Sous Louis XIII, le Journal d'Héroard mentionne souvent la présence du roi à des représentations, et, quoiqu'il n'ajoute malheureusement pas quels étaient les acteurs qui les donnaient, nous pouvons le deviner quelquefois. En 1609, les représentations du 7 et du i4 février à l'Hôtelde Bourgogne étaient sans doute données parla troupe de Valleran ; il en est de même en 161 1 pour celles des II, i4. iB, 31 et a 5 septembre, ainsi que du 3o novembre ; en i6i4t pour celle du 21 décembre. Parmi les représentations données à la cour par des (c comédiens français », et qu'il faut sans doute mettre au compte de Valleran et de ses camarades, citons celles des 20, 21, 22 juin et 26 septembre 161 1 ; 9 novembre 161 2; 5 janvier, 2 et 16 mars et 27 juillet 161 3. Au 28 avril de cette année, les éditeurs d'Héroard écrivent : « Il ne se passe guère de jour où il (le roi) n'assiste à une comédie, soit française, soit italienne, presque toujours chez la Reine, quelquefois ailleurs... » (t. II, p. 121, n. 3); et nous avons appris de Malherbe que les comédiens français avaient été appelés à la cour au mois de novembre. Citons encore les représentations des 3i janvier, 4 et 26 février i6i5; 19 octobre i6i6; 6 janvier 1618; i3 août 1619. — A la fin de la période qui nous occupe, ou peu après, nous savons que des pièces de Scudéry, Rotrou, Durval et autres ont été jouées devant la cour. Voy. fr. Parfait, t. IV, p. 443 et passim. Enfin, citons le mot que les camarades de Gaultier Garguille lui faisaient adresser par Garon après sa mort : « Tu as eu l'honneur de donner du contentement au plus grand roi du monde. » La rencontre de Gault. Garg. avec Turlupin (^Chansons, p. 179).

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Italiens. Rien, jusqu'aux dernières années du règne de Louis XIII, ne nous fait connaître de libéralités royales accordées aux comédiens français, ni les écrits des contemporains, ni ceux des comédiens eux-mêmes, si intéressés à se dépeindre comme bien en cour, ni les documents officiels qu'on a publiés et qui sont si favorables aux Lélio et aux Arlequin. C'est en 1689 seulement que nous voyons la troupe royale se dire « entretenue de Sa Majesté * », en 1641 que nous la voyons recevoir une pension de 12,000 livres^.

Malgré tout, la présence de la cour à Paris n'était pas inutile aux comédiens. Elle leur procurait des spectateurs qui pouvaient au besoin les protéger, et qui, en attendant, louaient les places les meilleures et les plus chères.

Lorsque les recettes étaient par trop faibles, la troupe quittait Paris pour quelque temps et allait exploiter la curiosité de la province^. Ainsi avait déjà fait la confrérie

1. Voy. SouUé, p. i5o : Bail de V Hôtel de Bourgogne en date du 18 janvier 1689. Toutefois, cette même désignation se trouve au f° 9 du Mémoire de Mahelot (voy. ci-dessus, p. 87) et peut ainsi remonter à i633.

2. Ed. Fournier, le Th. fr. au xv!® et au xviie s., p. 28a. — Guizot (^CorneiUe et son temps, p. i38) dit que les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne « avaient obtenu dès 161 a le titre de comédiens du roi et une pension de i aoo livres », mais le titre avait été pris par les comédiens bien avant 161 a, et quant à la pension, Guizot nen cite aucune preuve. M. G. Maugras, de son côté (^Les Comédiens hors la loi, p. 80), fait remonter l'institution de la pension à Henri IV et ajoute qu'elle « se payait encore en 1608 : on en trouve la preuve dans une lettre du roi à Sully {Mém. de Sully, t. III) ». Mais Sully ne parle que d'un théâtre construit à l'Arsenal pour des Italiens mandés par le roi (il s'agit des Accesi) et des appointements que le roi leur faisait payer (année 1808, livre XXV).

3. C'était surtout à Rouen qu'elle se rendait, et Bruscambille va jusqu'à nommer cette ville V « ordinaire séjour » de sa com^ pagnie. {Facecieuses Paradoxes, i^ib. En faveur de la scène, prologue tout différent de celui qui porte le même titre dans les Nouvelles et plaisantes imaginations ; les pages n'en sont pa»

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