La Maison des jeux, t. I, p
2. Les Confrères avaient un contrôleur spécial des comédiens étrangers (^Les Com. ital.y p. i3o. A. Baschetdit aussi : contrôleur des comédiens tant français qu'étrangers, p. 174.) Ce poste était occupé au commencement du xvii^ siècle par le sieur Jacques de Fonteny, sur lequel on peut voir des notes d'£d. Fournier {Variétés, t. V, p. 59-62) et dA. Baschet, p. 175-176.
3. Voy. les Journal d Héroard et les lettres do Malherbe, passim ; de Beauchamps, partie III, p. ai -46 ; A. Baschet, le Roi chez la Reine, 2® éd., Paris, Pion. 1876, in-8, ch. x : les Divertissements de Louis XIII \ et les ouvrages spéciaux sur le théâtre à la ceur, notamment: Ballets et mascarades de cour sous Henri IV et Louis XIII (de ijSi à 16 S 2), recueillis et publiés d'après les éditions originales, la plupart introuvables aujourd'hui, par M. Paul Lacroix. Genève, chez J.Gay et fils, éditeurs, 1868-1870, 2 vol. petit in- 12.
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'Â, \ny, Ii(*\fUft rétrospeclii^e, t. IV, p, 354.
3, iN'lît diî Jtjllcvîtie, les Comédiens, p. Sao. •
/| l)/'l;ul dfl Ifl /!«• partie, p. iSg-i^a de l'éd. Delahajs (Franrifffi t*ni il« lOaa;.
f), lU NvuiiMil /jté expulsés en iSûii, après l'attentat de Jean CUh-l.
• LES DÉPENSES ET RECETTES l53
mais qui ne purent reprendre leur enseignement public à Paris qu*en 1618, allaient rendre leur prestige aux représentations scolaires : ils jouaient des tragédies et des comédies, ne dédaignaient pas la musique et les ballets, et faisaient payer à leurs spectateurs le même prix que les comédiens ^
Mais si les comédiens n'avaient pas trop à souffrir des représentations des collèges, ils avaient à soutenir de la part des bateleurs des foires Saint-Germain et Saint-Laurent une sérieuse et rude concurrence. En i5g6, les Confrères avaient argué de leurs privilèges pour les expulser ; mais les foires avaient également leurs privilèges, tout aussi respectables, et le Parlement avait donné tort aux Confrères ; le public lui-même avait témoigné par ses violences contre l'Hôtel de Bourgogne de l'intérêt qu'il portait aux bateleurs 2.
D'ailleurs, pourquoi ne parler que des foires Saint-Germain et Saint-Laurent? Elles duraient longtemps, il est vrai ; mais en certains endroits de Paris, et surtout, à
I. Voy. Despois, le Th. fr. sous Louis XIV ^ p. 98 ; voy. Chappuzeau, 1. I, ch. vi, « des spectacles qui se donnent au collège »; et Ernest Boysse, le Théâtre des jésuites. Héroard signale un certain nombre de représentations données par des jésuites en province en l'honneur de Louis XIII; voy. t. Il, p. i48, i49» i56, 181, 187, aig, 349, a64. a83.
a. Voir ci-dessus, ch. 11, p. 44- Consulter Ém. Campardon, les Spectacles de la foire, et V. Fournel, le Vieux Paris. Le livre récent de M. Maurice Albert, les Théâtres de la foire, Paris, Hachette, 1900, in- 18, ne traite que dune époque postérieure. — En i634. les comédiens, ne pouvant supprimer les foires, prirent le bon parti d'en tirer eux-mêmes quelque profit, en donnant au public une comédie de la Foire de Saint- Germain. (Voy. l'Ouverture des jours gras, brochure facétieuse de i634, qui contient une réclame en faveur de cette pièce, j^d. Fournier, Variétés, t II, p. 349)- La foire Saint-Germain avait déjà été mise en ballet, à la cour, en 1607 (voy. Beauchàmps. III, p. 23, et V. Foumel, le Vieux Paris, p. 80, n. 3) ; elle devait être mise en comédie par Regnard et Dufresny, ainsi que par Dancourt.
l54 LE THEATRE FRANÇAIS AVANT LA PÉRIODE CLASSIQUB
partir de 1609 environ, sur le Pont-Neuf et sur la place DauphineS s'en tenait une autre qui durait toujours. Là abondaient les charlatans accompagnés de farceurs de tout ordre ; là se poussait et foulait oc une multitude de petit peuple de toutes sortes d'états, qui avaient quitté leur boutique pour venir voir le charlatan ; les uns y menaient leurs enfants plus soigneusement qu'au sermon, les autres étaient hués par leurs femmes qui se lamentaient de n'avoir point de pain à la maison, et néanmoins que leur méchant mari s*amusait à la farce plus qu'à sa besogne* ». Sur la place Dauphine trônait^ le roi des charlatans» Mondor, assisté du roi des farceurs, Tabarin, et pendant que tous deux faisaient fortune, ils ne laissaient pas de porter tort à la troupe royale, quelque relevée qu'elle parût être au-dessus de ces bouffons de carrefour. « L'on a vu, disait un ami de Tabarin, l'on a vu nos comédiens et facétieux français, que je crois, à mon avis, qu'ils ont pris autant de peine que l'on se pourrait imaginer, de contenter de leurs rares comédies et fameux prologues ceux qui les ont assistés de leur présence ; mais je puis dire que le chapeau à Tabarin, assisté de celui qui le porte, a plus fait rire de peuple en un jour, que les comédiens n'en sauraient avoir fait pleurer avec leurs feintes et regrets douloureux en six, quelque comédie, tragi-comédie, pastourelle ou autre ^ sujet qu'ils puissent jouer dans l'Hôtel de Bourgogne ou autres lieux semblables*. »
I. Voy. Éd. Fournier, Histoire du Pont-Neuf , Paris, I)entu» 1862, 2 vol. in-ia, t. I, ch. iv-vi et ch. ix.
a. Les Caquets de l'accouchée (de 1622), éd. elz., p. 10. « On quitte le sermon pour ouïr Tabarin », dit de son côté le satirique du Lorens, 1. 11, sat. 11, p. i4'
3. Depuis 1618. Voy. Je Taharin de la Bibl. gaul.y préface» p. XIV, et postface, p. 473. Voy. Leber, Plaisantes recherches d'un homme grave sur un farceur, p. 4-
4- £t encore : « L'on a vu Gaultier Garguille avec son loyal serviteur Guillaume, assiste de la dame Perrine, qui ont joué des
LES DÉPENSES ET RECETTES l5&
Et Tabarinj-en efiFet, riche et influent sur le pubfic, était une puissance. Hugues Guéru épousait sa fille, et, dan» leurs prologues comme dans leurs brochures, les comédiens, à qui il faisait tort, n^en parlaient qu'avec amitié et avec respect*.
Ne disons rien des autres charlatans ou farceurs, comme Desiderio Descombes' et Grattelard^; des danseurs de
plus fameuses facéties qu'on puisse désirer ; mais je dirai qu'il» étaient trois personnes à représenter icelles ; et Tabarin avec son chapeau en représente autant sans argent que les comédiens ne font à leurs assistants pour chacun cinq sous, et partant doit-il être plus aimé de ceux qui n'ont point d'argent et qui désirent de voir quelque chose de plaisant. » Les Fantaisies plaisantes et facéties du chapeau à Tabarin. {Les Œuvres de Tabarin^ p. 297-398, et loyeusetez).
I Sur Mondor et Tabarin, voy. Jal, Dict, critique y p. 878 et 1160-1165 (cf. Tart. sur Gaultier Garguille, p. 664) ; Œuvres de Tabarin, préface, ei Justes plaintes du sieur Tabarin sur les troubles et divisions de ce temps, p. 393-398; Leber ; Fournel, le Vieux Paris, p. ao4-ai5. — Mondor n*a d'ailleur» pas voulu borner ses succès au seul Paris. Le 30 août 1627. c'est lui sans doute que nous trouvons à Cologne, sous le nom de Franciscus Ferrary dictus Mondorus, medicus Pargiricus : il demande la permission de distribuer ses médicaments sur la place publique et d'y donner la comédie. Voy. Trautmann, Franz. Sckausp., p. 207.
2. Ou de Combes. Voy. Caquets de l'accouchée, p. 102. — Voy. Discours de l'origine des mœurs, fraudes et impostures des ciarlatans, avec leur descouverte. Dédié à Tabarin et Desiderio de Combes par I. O.P. M. O. D. B. XPans, chez Denys Langlois, au mont Sainct Hilaire, à l'enseigne du Pélican, M.DC.XXII; pet. in-8. A la dernière page, l'auteur fait un portrait de Mondor, qui « a de l'esprit », et de Desiderio, qui n'est qu'un « grossier et rustaud » .
3. Œuvres de Tabarin^ p. 287. Voy. Fournel, le Vieux Paris, p. 379-333. Les Rencontres, fantaisies et coq-à-Vusnes facecieux du baron de Grattelard tenant sa classe ordinaire au bout du Pont-Neuf... ont été réimprimées dans l'édition elzévirienne de Tabarin, t. II, p. 157-300. — Leber cite d'autres noms de charlatans et farceurs contemporains. De même Fournel, le Vieux Paris y p. 196, 199, 334, 337.
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corde, comme Jacques Fermier et André Sorelais * ; deà joueurs de marionnettes, comme Pierre Datelin, dit Brioché', le fondateur d'une dynastie. Nous avons vu contre quelles concurrences les comédiens royaux avaient à lut* ter ; nous savons à quelles conditions onéreuses il leur était permis de représenter leurs pièces. Sur quelles ressources pouvaient-ils compter pour faire face à des difficultés si grandes?
La principale évidemment venait des recettes ordinaires de leur théâtre ; mais, sans parler des relâches forcés qui les réduisaient^, ces recettes étaient assez faihles. Combien la salle pouvait-elle contenir de personnes? On ne le sait*. Était-elle toujours pleine? On ne peut le croire; or, une partie était réservée aux Confrères, et le prix des places était bien peu élevé. En i54i, il avait été fixé à deux sous par le Parlement, et, s'il avait augmenté depuis, c'est surtout parce que la valeur des monnaies avait subi une diminution. En 1609, une ordonnance de police* défendait