‹ Le théatre français avant la période classiqueChapitre 74 sur 140 · Marolles, t. HI, p. 390, Dénombrement · texte numérisé non relu

Marolles, t. HI, p. 390, Dénombrement

3. Nous ne connaissons même pas son vrai nom, car, si Bruscambille est un surnom de farce, Deslauriers aussi n'est qu'un nom de théâtre ; si nous ne connaissions que Gros-Guillaume et La Fleur, il nous manquerait encore Robert Guérin.

4. Cette édition de 1609, qui comprenait 16 prologues, fut désavouée par l'auteur comme mise au jour « sous la faible conduite de quelque particulier », qui en avait « soustrait les copies».

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temps *. 11 avait de l'instruction et de l'esprit, quoique volontiers grossier et obscène ; le costume sous lequel on le représente est un costume de farce.

Jean Farine avait-il été opérateur ? Comment le savoir ? Mais il entra de bonne heure à l'Hôtel de Bourgogne, puisqu'il est plusieurs fois nommé dans les Fantaisies de Bruscambille, publiées en i6ia, et il y resta longtemps. Gros comme Gros-Guillaume, enfariné comme lui, on l'appelait ironiquement le « père de sobriété », ce qui complète la ressemblance^. Il jouait un rôle important dans les farces, et Bruscambille célèbre avec lyrisme les effets comiques de son bonnet, sans doute pour les opposer à la gloire du « chapeau de Tabarin ». Une certaine autorité lui était même dévolue « dans la maison comique de Bourgogne ».

Gringalet est encore un farceur. Il était à l'Hôtel vers 1612 ; il y était peut-être en 16 10, et aux environs de 1 633:

Lui-même donna l'année suivante 33 prologues sous ce titre : Prologues tant sérieux que facecieux, avec plusieurs galimatias, Paris, J. Millot (i6io). in-i2. (Voy. Brunet, supplément, p. 179, et les Fantaisies de Bruscambille, notice.)

1. Voy. ce qui est dit de lui, en i634, dans les Révélations de Vombre de Gaultier Garguille {Chafisons, p. 175-176 ; cf. ci-dessous, p. 217). Voy. encore sur Bruscambille, Jean Farine et quelques autres acteurs de l'Hôtel de Bourgogne, la note IV de l'Appendice.

2. On ne peut songer pourtant à confondre Gros-Guillaume et Jean Farine. Les Débats et facecieuses rencontres de Gringalet et de Guillot Gorgeu son maistre (loyeusetez) sont dédiés à Jean Farine et approuvés par Gros -Guillaume et Gaultier Garguille. Une pièce du Parnasse satyrique compare un courtisan ambitieux, tout pâle, quand il badine, à Jean Farine ou à La Fleur, t. I, p. 73. Enfin Loret, faisant l'oraison funèbre de Jodelet (3 avril 1660 ; t. III, p. 186), dit qu'il

fut de même farine

Que Gros-Guillaume et Jean Farine, Hormis qu'il parlait mieux du nez Que lesdits deux enfarinés.

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peut-être aussi plusieurs acteurs ont-ils successivement porté ce nom déjà célèbre.

Tandis, en effet, que nous connaissons plusieurs surnoms comiques sans pouvoir dire quels acteurs les portaient, nous possédons aussi les noms de plusieurs acteurs sans pouvoir dire quels étaient leurs rôles : ceux de Montluysant, qui accompagnait Valleran en 1607; de Jacques Resneau ou Rameau, qui était à l'Hôtel en 1608; de Nicolas Gasteau ou Gastrau, qui s'y trouvait vers 16 12; de Claude Husson, dit Longueval, entré peut-être en 1619; de Jacques Mabille, 1619* ; d'Etienne Rufin, dit La Fontaine, 1618 et 162a 2; de Philibert Robin, dit le Gaucher, et de Louis Gallien, dit Saint-Martin, i632'. Certains de ces acteurs étaient peut-être les Perrine, les Jean Farine, les Gringalet, dont nous nous informions tout à l'heure ; mais lesquels? et que représentaient les autres?

C'est en 1628 seulement qu'on voit paraître à l'Hôtel de Bourgogne Pierre le Messier, dit Bellerose, qui devait y représenter pendant de longues années et qui s'y fit rapidement une grande place. Quoiqu'il jouât encore à la farce*, il était avant tout comédien sérieux ou tragédien, et les reproches mêmes qu'on lui a adressés prouvent com-

I. Mabille était-il déjà comédien, quand il eut un fils baptisé le 27 février 1609 ? Le 18 janvier 16 19, il habitait rue Montorgueil «t donnait pour marraine à sa fille Marie Venier, femme de noble bomme Mathieu Lefebvre, comédien du roi (Voy. Jal, art. Comédiens inconnus).

3. En 1618, les Prédictions grotesques du docteur Brus' cambiUe pour l'année 1619 (Chansons^ p. i3i) nomment <( M. de La Fontaine, grand médecin et très fidèle scrutateur de la nature la plus occulte des femmes ».

3. Philibert Robin était déjà à l'Hôtel le 9 février i63o, jour où il signait comme « comédien ordinaire du roi » au mariage de Bellerose avec Nicole Gassot (Voy. Jal, art. Bellerose) ; le même article nous montre Louis Gallien, ou Galien, « comédien du roi », parrain d'un enfant de Bellerose le 16 septembre i633.

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