Telle est l'orthographe ordinaire du mot
contentait de continuer Perrine. On a dit que le personnage d'Alizon existait depuis longtemps à l'Hôtel de Bourgogne ; il n'en est rien, et, si ce nom est celui d'une chambrière ou d'une commère dans plusieurs des chansons de Gaultier Garguille (notamment p. 89), dans les Cor rivaux de Troterel, dans la Comédie des proverbes du comte de Cramail, — il Test aussi dans les facéties de Tabarin (p. 4o2 sqq.) et dans les Satires de Régnier (X. i6i-i64);.il l'est dans les facéties du xvr 9 siècle (voy. le Recueil de Barraud, t. II, pas si m) et dans les Corrivaux de Jean de la Taille : il l'est même au moyen âge dans un fabliau publié par Montaiglon (vol. II, fab. 8: fabliau du pt être et d'Alisori). Mais, comme acteur, Alizon n'est jamais nommé tant qu'il est question de Perrine ; et il n'est plus question de Perrine dès que l'on parle d'Alizon. Avant la décision royale de décembre i634. un acteur du Marais essayait donc de rivaliser avec le a personnage incomparable » que nous a vanté Marolles. et qui peutêtre était mort récemment. En décembre i634. il est venu lui succéder sur la scène même où Perrine s'était rendu célèbre.
Maintenant, reprenons la série d'estampes de Huret. et nous verrons qu'elle représente tous les farceurs de l'Hôtel de Bourgogne en i633-i635 : Gaultier Garguille. Turlupin et Gros-Guillaume qui avaient fait la joie des anciens habitués du théâtre ; — Boniface et Fracasse-Matamore, qui faisaient déjà partie de la troupe en i63a ; — Guillot Gorju, qui s'y était joint à la fin de i633 ou en i634; — Jodelet, Jacquemin Jadot, L'Espy, Alizon, entrés en décembre i634« Nous ne trouverions d'autre nom à ajouter à cette liste que celui de dame Gigogne signalé par Marolles ; mais dame Gigogne est peut-être le même personnage qu' Alizon *.
Complétons la troupe en citant ceux des acteurs qui étaient particulièrement des tragiques : Bellerose, Beauchàteau, Le Noir, sans doute Louis Gallien et Philibert Robin (à moins que ces deux derniers ne se confondent avec Boniface et Fracasse), la Bellerose, la Beauchàteau, la Le Noir, la Valliot et la Beaupré.
1 . « Dame Gigogne depuis la mort de Perrine » . Marolles, t. 1(1, p. 290, Démembrement.
OC LE CIt> » ET LA RIVALITÉ DES THÉÂTRES 335
NOTE VI (Voy. chap. v, p. 200.)
« Le Gid » et la rivalité des théâtres.
Mondory parait n'avoir pas moins pratiqué la réclame que ses .rivaux. « Souvenez-vous », dit Mairet en essayant de rabaisser la pièce du Cid, « que la conjoncture du temps, l'adresse et la bonté des acteurs, tant à la bien représenter qu'à la faire valoir par d'autres inventions étranges que le S. de Mondory n'entend guère moins que son métier, ont été les plus riches ornements du Cid et les premières causes de sa fausse réputation. » (Responce à l'Amy du Cid, dansGasté, eu Querelle du Cid, p. 3oa); et les lettres de Mondory qu'on a publiées (dans Tallemant, VII, 185-187) nous montrent en lui un fort habile homme.
La rivalité des deux théâtres, qui, en i635, oppose la Cleopâtre de Benserade, jouée par l'Hôtel de Bourgogne, à la Cleopâtre (ou Marc-Antoine) de Mairet, jouée par la troupe de Mondory, semble avoir été pour une part — une faible part — dans la querelle du Cid. Le Cid, en effet, a été joué par Mondory et il a été attaqué surtout par Mairet, Claveret, Scudéry. Or, Mairet faisait ou allait faire répéter le Solyman par l'Hôtel de Bourgogne, le Solyman , qui était resté longtemps sans trouver d'acteurs (voy. Y Adver tisse ment au Besanconnois Mairet dans Gasté, p. 3a5). ayant sans doute été repoussé par Mondory ; de là l'aigreur avec laquelle Mairet parle, dans la citation ci dessus, du Roscius Auvergnat; de là aussi un surcroit de colère contre la pièce où Roscius triomphait. — Claveret avait aussi à se plaindre de Mondory, ayant eu une pièce rejetée par lui (voy. l'Amy du Cid à Claveret et Responce à l'Amy du Cid sur ses invectives contre le sieur Clayeret\ Gasté, p. iq4 et 3o4). — Enfin Scudéry était le fournisseur ordinaire de l'Hôtel de Bourgogne, et l'Amant libéral, qui était sans doute la dernière oeuvre du dramaturge « poète et guerrier », était jouée par Bellerose (voy. V Inconnu et véritable amy de MM. de Scudéry et Corneille ; Gasté, p. zô6).
Du comte de Belin, autre ennemi du Cid, et qui entraîna Scarron dans la querelle, Tallemant nous dit (VU, 172), en son-
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