LE RÉPERTOIRE DE L HOTEL DE BOURGOGNE
Il faut donc se demander à nouveau si le xvi e siècle a \ pu voir les pièces classiques jouées sur un théâtre popu- -\ laire.
La comédie nous fournira peu de données, parce qu'elle ne se distingue pas suffisamment de la farce. Par un style ] un peu plus soigné, par la division en actes, par Tarnpleur du développement et la suite de l'intrigue, il est vrai que Y Eugène et la Trésorière justifiaient en quelques façon les prétentions de leurs auteurs et se rapprochaient de la comédie antique 1 . Mais, quoiqu'en pussent penser Jodelle ou Grévin, par le ton, par l'esprit, par la licence du fond et de la forme, ces œuvres ne laissaient pas de convenir aussi au théâtre des Pois-Pilés 2 . D'ailleurs, la farce même, théoriquement proscrite par les nouveaux poètes, était, dans la pratique, acceptée par eux et leur attirait des spectateurs, même dans les collèges. La Trésorier e et les Ébahis furent joués ce après les jeux satiriques appelés communément les veaux », et les veaux « n'étaient autre chose qu'une façon de sottie, grossière et brève, analogue à ce que fut plus tard la parade 3 ». Puisque les représentations comiques des Ronsardisants ressemblaient à celles des acteurs publics, il serait difficile de montrer que ces acteurs n'ont pu servir à les don-
1. Voy. P. Toldo, la Comédie franc, de la Renaissance, dans R. hist. lilt. Fr., notamment i5 juillet 1897, p. 389 et suiv. Cf. Rigal, le Théâtre de la Renaissance.
3. Nom donné au théâtre des Confrères, et dont l'étymologie est incertaine. Voy. Petit de Julleville, les Comédiens, p. 63 et 98.
. 3. Petit de Julleville, les Comédiens, p. 317. Cf. les fr. Parfait, t. III, p. 3n et 3a3.
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*•• V m), (<l, hwwl, p , ,38 et 186-187.
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