‹ Le théatre français avant la période classique: (fin du XVIe et commencementChapitre 56 sur 130 · LE REPERTOIRE DE LUOTEL DE BOURGOGNE II · texte numérisé non relu

LE REPERTOIRE DE LUOTEL DE BOURGOGNE II

qu'ils « sont toujours désagréables, en quelque quantité ou qualité qu'ils paraissent 1 », les chœurs ont souvent plus d'étendue que les actes mêmes qu'ils terminent, et deviennent la partie la plus remarquable, la plus brillante de la pièce. Parlerons-nous de l'érudition, des noms et des souvenirs mythologiques dont le style est farci ? Étaient-ce là des œuvres qui pussent plaire au public turbulent et grossier des théâtres populaires ? Lui étaientelles destinées ? Un historien de Garnier dit non et doit être cru 2 ; M. Faguet répond oui 3 , mais son témoignage ne peut être accepté, puisqu'il ne paraît guère s'appuyer que sur les assertions de Mouhy, dont la valeur historique nous est connue.

Essayons de prouver à notre tour que ces pièces n'étaient pas faites pour la représentation publique.

Sur quel théâtre public pouvaient être jouées les tragédies nouvelles ?

Faut-il songer à la table de marbre où représentaient t les Basochiens? Il est vrai que, le 12 et le 20 juin i582, I >^p le Parlement permettait aux clercs de représenter églo- I f ^ gués, tragédies et comédies 4 . Mais ce n'est pas là une preuve certaine que les Basochiens aient joué des pièces classiques : on trouve peu d'ouvrages dramatiques qui n'aient porté le nom de tragédie au xvi e siècle, et Jean de la Taille

1. Fr. Ogier, préface de Tyr et Sidon, dans l' Ancien Théâtre françois, t. VIII, p. i5.

2. Bernage, Etude sur Robert Garifier, Paris, Delalain, 1880, in-8, p. 18.

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