C. Voy. une note de Fournel, Roman comique, t. I, p
teurs devaient montrer? Comment, si la nature les en eût pourvus, auraient-ils pu les cultiver, sinon par exception, dans des circonstances aussi peu favorables? Scarron loue fréquemment la troupe de Destin, et M me de Sévigné parle de comédiens de campagne rencontrés à Vitré, qui lui firent pleurer plus de six larmes l ; mais Fléchier parle tout autrement des comédiens qai représentaient pendant les Grands jours d'Auvergne : « Ils disaient tout rôle du mieux qu'ils pouvaient, changeant Tordre des vers et des scènes, et implorant de temps en temps le secours d'un \ df$ leurs, qui leur suggérait des vers entiers, et tâchait ■ d$ soulager leur mémoire. Je vous avoue que j'avais pitié , de Corneille, et que j'eusse mieux aimé, pour son hon- \ neur, que M, d'Aubignac eût fait des dissertations cri- » tiques contre ses tragédies que de les voir citer par des \ acteurs de cette façon 2 . » j
Si tels sont les acteurs nomades en i665, que devaientils être à la fin du xvi e siècle? Scarron lui-même semble avoir noté cette différence. Destin, qui est jeune, est, sinon de bonne famille, du moins honnête et "instruit ; mais la Rancune, qui avait joué sous le masque les nourrices de Hardy 3 , quel contraste ne fait-il pas avec son camarade ! Méchant, jaloux, goinfre, voleur, de quels vices n'est-il pas pourvu 4 ! Ne rappellc-t-il pas ces comédiens espagnols que nous peint Rojas : durs à la fatigue, insouciants, toujours sans argent, quoique peu scrupuleux sur les moyens d'en acquérir 6 ? Oui, si l'on veut se représenter
i. ia août 1671 ; éd. des Grands écrivains, t. II, p. 3i8. a. Mémoires de Fléchier, p. i3a.