‹ Le théâtre-FrançaisChapitre 15 sur 34 · VII · texte numérisé non relu

VII

musat a écrit plus tard que « les vers retranchés, comme lés statues de Brutus et de Cassius, étaient d'autant plus marquants qu'on les avait fait disparaître (1) » . L'épouse de l'ancien surintendant des spectacles avait sans doute oublié que lors du conflit aigu avec le Saint-Siège, elle avait été la première à détourner son mari de comprendre Athalie dans le programme des représentations de Fontainebleau : « Il y a bien des applications religieuses, des rompez tout fade avec l'impiété, tout cela vous gâterait votre besogne (2). »

Une autre tragédie de Racine, Britannicus, subit une amputation où la raison d'Etat n'entrait pour rien. Mlle Bourgoin n'était pas seule à soulever les rires de protestation du parterre en débitant ce vers du rôle de Junie,

Seigneur, j'irai remplir le nombre des vestales.

La tradition s'établissait, d'une hilarité tout au moins indiscrète et discourtoise à l'égard des actrices. Afin d'y couper court, on décida de supprimer purement et simplement le vers qui donnait lieu à ces interprétations malignes (3) .

Malgré sa préférence nettement accusée pour la tragédie, le parterre du Théâtre-Français admettait, il applaudissait les adaptations des drames de Shakes-

H) Mémoires, t. II, p. 131.

(2) Lettre de novembre 1809 (sans date de jour) : Lettres, t. II, p. 279-280.

(i) Journal de l'Empire, 16 janvier 1812 (feuilleton).

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