AVERTISSEMENT
Mon intention primitive était de consacrer ce volume à l'ensemble des spectacles parisiens pendant l'ère napoléonienne. L'abondance des renseignements, l'attrait de documents en partie nouveaux, peut-être aussi la séduction plus ou moins inconsciente que les choses de théâtre exercent chez nous sur tous les esprits, m'ont conduit à élargir mon plan et à ne traiter ici que du Théâtre- Français, de beaucoup le plus important et à peu près le seul littéraire, en y joignant le théâtre de Picard ou Théâtre de l'Impératrice, qui peut en être considéré comme l'annexe. A l'étude du Théâtre- Français, j'ai rattaché les généralités communes à tous les spectacles, et aussi quelques données sur la littérature dramatique du temps, données que jai présentées le plus brièvement possible, mais sans lesquelles il m'a paru que mon récit serait incomplet et presque inintelligible.
Tout en m'attachant à faire œuvre sérieuse, même en matière forcément quelque peu frivole, je n'ai systématiquement écarté, parmi les anecdotes VII. a
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qui se présentaient en foule, que celles qui de toute évidence étaient controuvées (ce sont souvent les plus populaires) : j'ai fait un choix entre les autres, reproduisant les plus vraisemblables ou les plus piquantes, indiquant toujours la source de chaque racontar, source d'après laquelle le lecteur doué d'esprit critique peut en mesurer le degré de crédibihté.
Moins riches ici que sur les questions purement politiques ou administratives, les Archives nationales m'ont pourtant fourni des renseignements intéressants : je citerai entre autres les séries des bulletins et rapports de poHce, quelques cartons ou registres de la secrétairerie d'État, et surtout les dossiers des arrêtés consulaires ou décrets impériaux, mine immense et à peine explorée, dans les dédales de laquelle M. Marichal a bien voulu continuer à me guider. Mais c'est principalement aux arcliives de la Comédie-Française que j'ai pu recueillir de précieux documents inédits : l'inépuisable obligeance de M. Couët, bibliothécaire-archiviste, a mis à ma disposition, dans les conditions matérielles les plus commodes, non seulement les dossiers personnels des principaux acteurs, mais les registres de distribution, véritables fastes de la maison, où le moindre incident était alors soigneusement, souvent naïvement relaté (1). M. Couët m'a fait profiter
(1) Le recueil, d'ailleurs fort intéressant, publié par Laugier