AVERTISSEMENT III
encore de ses connaissances bibliographiques si sûres, si étendues, et il a eu la gracieuseté de me communiquer les ouvrages qui avaient échappé à mes recherches antérieures.
En effet, par une lacune singulière autant que regrettable, il n'existe point, dans un pays où Ton a tant écrit pour et sur le théâtre, une histoire détaillée et critique de la Comédie-Française; pour étudier une période de cette institution, il faut donc interroger les souvenirs des contemporains, journalistes, écrivains dramatiques, comédiens, critiques littéraires.
J'ai beaucoup utilisé les feuilletons de Geoffroy dans le Journal des Débats^ devenu en 1805 le Journal de f Empire : partial, étroit, systématique, à la fois incivil et ampoulé, Geoffroy a pourtant vu juste dans bien des cas; de plus, il était seul alors à écrire une véritable chronique dramatique, vivante et suivie. Son biographe, M. Marc des Granges, a très justement dit qu' « aucun historien du tliéàtre sous l'Empire ne pourra négliger les feuilletons du Journal des Débats (1) ». La gratitude autant que l'équité me commandent d'ajouter qu'une autre source impossible à négliger, c'est la thèse même de M. des Granges sur Geoffroy.
sous le second Empire, de Documents historiques sur la Comédie- Françtiise, n'a fait aux registres que des emprunts assez restreints.
(1) Geoffroij et la critique dramatique sous le Consulat et l'Empire, p. 190.